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Dossier : Affaire Troadec

Affaire Troadec : à son procès, Hubert Caouissin livre un récit glaçant du quadruple meurtre

En cette deuxième semaine d'audience, la cour d'assises de Loire-Atlantique examine les faits dans l'affaire du quadruple meurtre des Troadec à Orvault en février 2017. Ce lundi, Hubert Caouissin, seul témoin du drame, a livré un récit glaçant, tout en contestant les avoir tués volontairement.

Ce lundi, la cour d'assises a examiné les faits
Ce lundi, la cour d'assises a examiné les faits © Radio France - Anne Patinec

Depuis ce lundi matin, Hubert Caouissin s'exprime sur les faits qui lui sont reprochés. Il commence par une déposition spontanée, d'une voix monocorde, sans aucune émotion, les mains dans le dos, il parle sans s'arrêter pendant près de 20 minutes. "Je suis allé à Orvault pour observer, espionner", commence le quinquagénaire, "j'essaie d'écouter à travers la porte avec un stéthoscope, puis Brigitte ouvre la porte au chat, je profite pour me faufiler car je voudrais faire un dessin de la clef de leur maison". Il relate l'attente dans le garage "car il y a toujours du bruit. Je coupe le courant. J'ai plein de peurs qui m'assaillent, je claque des dents, j'ai le cœur qui s'agite". 

Il explique que le bruit a réveillé Brigitte et que Pascal "menace de le tuer". Une bagarre s'engage. Il frappe d'abord Sébastien au crâne avec le pied de biche qu'il a dérobé à Pascal : "Je ne peux pas lâcher l'objet, il y a beaucoup de sang, c'est impressionnant". La banalité de ses propos tranche avec l'horreur des faits. Il évoque des coups sur les têtes, des corps à corps, "on se tient, on s'attrape" qui débouchent sur la mort des quatre membres de la famille. "Je ne m'attendais pas à un résultat pareil "lâche l'accusé.

Pas eu l'intention de les tuer

Même si la préméditation n'a pas été retenue, la présidente Karine Laborde multiplie les questions sur la volonté de tuer. "Est-ce qu'on peut imaginer que vous les auriez tués pour ne pas être tué ?". Car l'ancien technicien de l'arsenal était convaincu que son beau-frère pourrait envoyer un tueur à gages pour tuer son fils. "Je n'ai jamais eu l'intention de les tuer", répète l'accusé comme tout au long de l'instruction. La magistrate le met face au fait qu'il était seul contre quatre, face à certaines contradictions et à des oublis (il n'a pas raconté certaines visites à Orvault). Il évoque des "trous noirs, des absences de mémoire", sans jamais craquer. 

"Une énorme erreur" de ramener les corps dans sa ferme

"Je suis déphasé après les faits, j'ai fait une énorme erreur de transporter les corps" au lendemain du drame, résume Hubert Caouissin. Il raconte comment il les a embarqués dans la voiture de Sébastien. Sa compagne, Lydie, l'attend dans un rue voisine d'Orvault. Leur fils reste seul dans leur maison de Pont-de-Buis. A sa demande, elle a acheté des sacs poubelle. "Je voulais les cacher seulement; l'idée est de tout effacer, tout cacher". Dans le hangar de la ferme, il démembre les corps, coupe les têtes, les met à brûler dans la chaudière. "Je suis alors dans un autre monde, les sens ne fonctionnent plus, il n'y a plus rien qui est normal", déclare l'accusé. 

Lydie pense "qu'il dit la vérité"

Interrogée en fin de journée, Lydie Troadec se dit "écœurée" par ce qu'a fait son ex-compagnon. Quand on lui demande si elle croit à sa version de la bagarre qui a mal tourné, elle répond : "Je ne sais pas, je n'y étais pas. Je ne vois pas pourquoi il mentirait. Je pense qu'il dit la vérité." La quinquagénaire répète qu'elle n'est pas allée dans la maison d'Orvault, qu'elle est restée attendre dans la voiture. Elle confirme qu'elle a acheté des sacs poubelle à la demande de Hubert "plus ça allait , plus je suivais". Pendant que Hubert s'occupait des corps, elle s'occupait de leur fils. Elle ajoute qu'aujourd'hui, elle ne le considère plus comme son compagnon " car après ce qu'il a fait, ce n'est pas possible d'avoir des sentiments à son égard". 

Ce mardi, la Cour d'assises va entendre des experts, notamment en génétique et le médecin légiste. 

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