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Affaire Troadec : au premier jour d'audience, Lydie Troadec craque et culpabilise

Plus de quatre ans après le quadruple meurtre de la famille Troadec, le procès de Hubert Caouissin et Lydie Troadec s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de Loire-Atlantique pour une durée de trois semaines. Pour ce premier jour, la cour a étudié la personnalité de la quinquagénaire.

La salle d'assises du palais de justice de Nantes La salle d'assises du palais de justice de Nantes
La salle d'assises du palais de justice de Nantes © Radio France - Anne Patinec

Dans le box, les deux accusés, séparés par un policier, Hubert Caouissin et Lydie Troadec ne s'adressent pas le moindre regard. Impassibles, ils ont écouté la présidente de la cour d'assises, Karine Laborde retracer les faits qui leur sont reprochés, depuis la disparition des quatre membres de la famille Troadec à Orvault (Loire-Atlantique) jusqu'à la découverte des restes des corps dans la ferme de Pont-de-Buis où résidaient les deux quinquagénaires.

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Agé de 50 ans, l'ancien technicien de l'arsenal de Brest, crâne dégarni, polo bleu est poursuivi pour "meurtre suivi de crimes" ; il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Son ex-compagne, âgée de 52 ans, tee-shirt blanc, cheveux longs et frange, comparait libre et comparait pour "recel de cadavres et modification de lieux de crimes". Elle encourt trois ans d'emprisonnement.

La cour examine la personnalité de Lydie Troadec

Dans la matinée, six jurés, cinq hommes et une femme, ont été tirés au sort ainsi que six jurés supplémentaires. Concentrés, ils prennent beaucoup de notes. Puis la cour d'assises s'est penchée sur la personnalité de Lydie Troadec. 

Les mains dans le dos, d'une voix souvent faible, l'accusée évoque son enfance à Brest, son père autoritaire, sa mère peu aimante, son frère Pascal parfois jaloux. Elle raconte ses années parisiennes où elle découvre "la liberté" puis son retour en Bretagne à 33 ans dans l'espoir de fonder une famille. C'est ensuite la rencontre avec Hubert Caouissin en mars 2006, "un homme intelligent, pétillant avec qui elle se sent bien". Il la soutient dans la lutte contre un cancer du sein et dans l'éducation de leur fils avant de faire un burn-out. Peu à peu, les relations avec le reste de la famille se tendent car ils soupçonnent Pascal d'avoir volé les lingots d'or chez la mère Renée Troadec. Le couple se coupe du monde.

Elle ne croit plus à l'existence du trésor

Interrogée sur ce fameux trésor, Lydie Troadec répond à la cour que depuis un an et demi "elle ne croit plus à l'existence de l'or, car "c'est ce que disent les médias et ce que dit l'instruction". Mais sans argumenter plus comme pour de nombreuses réponses. Pour la présidente, "le problème n'est pas l'existence du trésor, mais le fait qu'ils y aient cru". Dans le box, Hubert Caouissin, garde la tête baissée. 

Très pédagogue, connaissant le dossier sur le bout des doigts, la présidente Karine Laborde multiplie les questions d'une voix douce. Quand elle évoque la ferme de Pont-de-Buis (où ont été retrouvés les restes des corps), l'accusée pleure : "C’est difficile pour moi d’y aller par rapport à ce qui s’est passé là-bas". Puis elle craque quand la présidente parle des victimes : "J'ai beaucoup de colère contre Hubert et contre moi aussi. Je n’ai rien vu. Je pense qu’il est malade, paranoïaque.  Je suis passée à côté, je n’ai rien vu. Je ne savais pas qu’il allait si mal que ça. J’ai mal pour eux, j’ai une forte culpabilité. Je ne sais pas comment faire. Si je m’étais rendu compte qu’il n’allait pas bien, il ne serait peut-être pas arrivé tout ça". 

Ce mardi, la cour d'assises de Loire-Atlantique doit examiner la personnalité d'Hubert Caouissin. 

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