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Dossier : Affaire Troadec

Affaire Troadec : ce que l'on attend du procès du couple Caouissin qui s'ouvre ce mardi

Hubert Caouissin et Lydie Troadec comparaissent à compter de ce mardi 22 juin devant la cour d'assises de Loire-Atlantique. L'homme est poursuivi pour le meurtre de la famille Troadec en 2017 à Orvault. Sa compagne est notamment jugée pour recel de cadavres.

La maison de la famille Troadec à Orvault, près de Nantes.
La maison de la famille Troadec à Orvault, près de Nantes. © AFP - SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Quatre ans après la nuit d'horreur, le procès Troadec s'ouvre ce mardi 22 juin devant la cour d'assises de Loire-Atlantique, à Nantes. Les débats devraient durer trois semaines, jusqu'au 9 juillet prochain. Hubert Caouissin est jugé pour meurtre précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime et atteinte à l'intégrité de cadavres, il risque la prison à perpétuité. Le Breton a avoué le meurtre de la famille Troadec, Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte, en février 2017 à Orvault.

Lydie Troadec, compagne d'Hubert Caouissin et sœur de Pascal Troadec, est poursuivie pour recel de cadavre et modification des preuves d'un crime. Elle encourt trois ans de prison. Qu'attend-on de ce procès ? France Bleu fait le point. 

Que s'est-il réellement passé la nuit du 16 au 17 février 2017 ? 

Devant les enquêteurs, Hubert Caouissin a raconté sa version de faits. Le 16 février au soir, l'homme se rend, avec un appareil photo, un calepin et un stéthoscope, à Orvault. Son objectif est d'écouter les conversations de la famille et de faire le dessin d'une clé pour pouvoir inspecter la maison une fois les occupants partis. Il réussit à déverrouiller la porte du garage, ce qui lui permet de rentrer dans la maison. 

Mais selon lui, il fait du bruit et réveille Pascal et Brigitte Troadec. Le père de famille se serait alors saisi d'un pied-de-biche et aurait crié : "Je vais te tuer". Toujours d'après Hubert Caouissin, il réussit à désarmer son beau-frère, frappe les parents puis les enfants, dont Sébastien qui serait sorti de sa chambre "avec un air menaçant". Charlotte serait elle venue dans la chambre de son frère et c'est à ce moment-là que l'accusé lui aurait porté un coup à la tête. 

Sa thèse n'a pas changé d'un iota depuis le premier jour. - Thierry Fillion, avocat d'Hubert Caouissin

Selon son avocat, l'accusé "n'est jamais venu ce soir-là à Orvault pour commettre des violences et encore moins tuer ces personnes, il était venu pour surveiller, pour essayer de trouver des éléments pour les dénoncer, pour aussi faire en sorte que tout cela s'arrête". Thierry Fillion fait référence à l'histoire d'un trésor familial volé par Pascal Troadec : "Il pensait que lui et surtout son fils et sa compagne étaient en danger dans la mesure où les Troadec savaient qu'ils savaient pour l'or et la spoliation et qu'ils pensaient qu'ils étaient prêts à tout pour se débarrasser d'eux et notamment de leur fils, et donc ils avaient très peur."

Si la préméditation n'a pas été retenue, Cécile de Oliveira, l'avocate de la famille de Brigitte Troadec, estime que "le quadruple meurtre s'explique par des ressorts psychologiques extrêmement complexes chez Hubert Caouissin et il n'y aura pas trop des trois semaines de la Cour d'assises pour que chacun se forge une opinion sur 'qu'est-ce qui a amené Hubert Caouissin à avoir cette pulsion mise en acte de façon si précise et orchestrée'".

Pour Thierry Fillion, aucune révélation particulière n'est à attendre durant le procès, "dans la mesure où Hubert Caouissin tient une version vraiment constante et surtout extrêmement détaillée. Il a quand même énormément parlé, il a accepté de dire énormément de choses, y compris des choses qui ne vont pas dans le sens de sa défense, ce qui renforce sa crédibilité". 

Comment Hubert Caouissin a-t-il transporté les corps ? 

Hubert Caouissin a expliqué aux enquêteurs avoir déplacé les corps de la maison au garage. L'accusé aurait d'abord vidé le garage pour faire entrer la voiture de Sébastien. Il a indiqué avoir eu des difficultés pour transporter le corps de Brigitte Troadec, qui ne rentrait pas dans les sacs poubelles achetés par sa compagne. D'après lui, il a passé "un long moment à la hisser dans le coffre" du véhicule. L'homme a ensuite fait rentrer les corps du père et de son fils dans ce même coffre. Celui de Charlotte a été introduit dans la voiture par la porte arrière.

Interrogé par les enquêteurs sur sa capacité à porter de lourdes charges, Hubert Caouissin l'a expliqué par "le fait que son père ait été recordman de Bretagne en haltérophilie, par ses travaux de bûcheron à la ferme et le fait qu'il faisait beaucoup de sport". 

Lors de la reconstitution le 29 avril 2019, les experts ont conclu que le chargement du corps de Charlotte par la porte arrière de la voiture paraissait "peu crédible", les autres corps étant déjà dans l'habitacle. La question de l'assistance d'une autre personne peut ainsi se poser selon eux. Hubert Caouissin soutient toujours avoir agi seul. 

L'or volé, un mythe ? 

Lors des auditions, Hubert Caouissin évoque cette histoire de trésor volé par son beau-frère, des lingots d'or dérobés au père de Lydie et Pascal Troadec. L'accusé "a pu avancer comme une sorte d'alibi le fait que Pascal et Brigitte Troadec se seraient emparés d'un trésor, souligne l'avocate de la famille de Brigitte Troadec. Hubert Caouissin relie ce trésor à une affaire historique qui est la disparition de l'or de la Banque de France de Brest au cours de la 2nde Guerre Mondiale.

Mais l'enquête n'a, pour le moment, pas démontré l'existence d'un quelconque trésor. "Hubert Caouissin a pu penser, dans ses premières explications, que l'histoire du trésor aurait justifié ce quadruple meurtre. Je crois qu'il a compris que le trésor, qu'il existe ou non, ne peut en rien excuser ou expliquer ce quadruple meurtre", souligne Cécile de Oliveira. 

J'ai la conviction que l'histoire de ce trésor ne ressort que de l'imagination fertile et assez habile d'Hubert Caouissin. - Cécile de Oliveira, avocate de la famille de Brigitte Troadec

Pour l'avocat de l'accusé, "cet or n'est pas apparu au cours de l'enquête ni de l'instruction, ça ne veut pas dire qu'il n'existe pas". "Ce qui est important pour nous, c'est de savoir qu'en réalité, qu'il ait existé ou non, il y avait une croyance extrêmement forte, pour ne pas dire plus, de la part d'Hubert Caouissin mais aussi sans doute de la part de sa compagne et de sa belle-mère Renée sur l'existence de cet or et donc sur l'existence de cette injustice", souligne Thierry Fillion.

Suite à un examen précis et "des rapports extrêmement longs", les experts ont conclu "à une altération" de la part de l'accusé. "_Il n'était pas dans la réalité_, il était atteint d'un délire paranoïaque et, à partir de ce moment -à, dans cet état psychique là, il a agi sans que son libre arbitre ne puisse lui dicter réellement sa conduite, estime Thierry Fillion. Le code pénal prévoit que cela doit avoir des conséquences sur la manière dont on comprend les choses et peut-être sur la manière dont les choses seront jugées."

C'est devenu, au fil du temps et sans doute de manière de plus en plus prégnante, totalement obsessionnel. Pour eux et surtout pour lui sans doute. - Thierry Fillion, avocat d'Hubert Caouissin

"J'essaierai de comprendre la personnalité d'Hubert Caouissin, tout le monde peut s'accorder sur le fait que c'est un homme extrêmement intelligent, avance l'avocate de la famille de Brigitte Troadec. Le caractère exceptionnel de ce quadruple meurtre et cette volonté si particulière d'Hubert Caouissin de vouloir anéantir l'existence terrestre même des corps, peuvent faire penser qu'il a terriblement intellectualisé ses crimes.

Quel a été le rôle de Lydie Troadec ? 

Au fil des auditions, les deux accusés sont restés sur la même ligne : Lydie Troadec n'a pas participé au nettoyage de la maison de son frère Pascal, ni au transport des corps dans la voiture. Elle n'aurait fait qu'acheter les sacs-poubelles, conduire son mari à Orvault et prendre la voiture de Sébastien pour la garer sur un parking à Saint-Nazaire, après l'avoir nettoyée. La femme a expliqué avoir obéi aux ordres de son compagnon, sous le choc. 

Lydie Troadec reconnaît ces faits, mais elle affirme qu'elle pensait qu'Hubert Caouissin avait enterré les corps. Ce qui paraît peu crédible vu le temps passé par son conjoint sur leur terrain après les meurtres. Et surtout, la femme et son fils, Henri, avaient interdiction de sortir de chez eux pour ne pas voir ce qu'Hubert Caouissin était en train de faire. 

En revanche, l'enquête n'a pas permis de prouver que Lydie Troadec était entrée dans le domicile de son frère à Orvault pour aider son compagnon à nettoyer la scène de crime. 

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