Faits divers – Justice

Affaire Turpin à Dijon : une peine de 20 ans de prison prononcée par le jury des Assises

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne vendredi 22 janvier 2016 à 20:05

Aux Assises de Côte-d'Or, Jean-Baptiste Turpin a été condamné à 20 ans de prison
Aux Assises de Côte-d'Or, Jean-Baptiste Turpin a été condamné à 20 ans de prison © Radio France - Arnaud Racapé

20 ans de prison ferme, c'est la peine qui est tombée vendredi soir à l'encontre de Jean-Bernard Turpin, après trois jours de procès aux Assises de Côte-d'Or. L'accusé a été reconnu coupable de meurtre sur conjoint, il avait tué sa compagne Béatrice à coups de couteau. C'était en 2013.

Après trois journées de débats éprouvants, c'est avec un immense soulagement que la maman de Béatrice a appris la nouvelle. "Je suis contente que ce soit terminé", commente-t-elle les yeux rougis par le chagrin et la fatigue. Un peu plus tôt, Odette avait trouvé les réquisitions de l'avocat général, 12 ans, pour le moins légères. 

Douze ans, une bagatelle

"Pour moi, douze ans, c'est une bagatelle pour la vie qu'on a enlevé, pour la vie d'un enfant qu'on m'a enlevé. ;Je considère que 20 ans c'est plus logique par rapport à tout ce qui a été dit dans ce procès, et par rapport à tout ce que je ressens."

L'alcool, pas une excuse

Finalement, ni l'alcool, consommé en quantité astronomique par le couple, ni les antécédents familiaux de Jean-Baptiste Turpin,  ce père, André, alcoolique, violent et lui aussi condamné pour meurtre, n'ont pesé dans la décision du jury.  Non, ces 23 coups de couteau, portés ce soir de 2013 à la suite d'une énième dispute conjugale sous l'emprise de l'alcool, étaient intentionnels, explique Maître Jean-Baptiste Gavignet, l'avocat de la partie civile. 

"C'est quand même un homme qui a enlevé la vie à une femme, sans raison valable, et il me semble que les jurés ont pu considérer sue l'alcool n'était pas une excuse, d'autant plus que cet homme semblait au vu des actes qui ont été les siens relativement lucide, malgré la prise d'alcool qui était la sienne."

Entre les réquisitions et le délibéré, un monde

Reste qu'il y a un monde assez inexplicable entre le délibéré et les réquisitions de l'avocat général selon maître Caroline Leclerc, que l'on a vu secouer la tête de dépit à l'énoncé de la peine, en même temps que son client encaissait le coup silencieusement sur le banc. "C'est vrai que les réquisitions m'avaient semblé clémentes. La peine, elle se comprend, mais c'est cet écart effectivement qui est difficilement compréhensible. Visiblement il n'y a pas eu la même lecture du dossier de chaque côté."

Dans sa plaidoirie, Me Leclerc avait largement insisté sur l'aspect humain de l'affaire, mais en vain. Elle ne conteste pas en revanche la gravité des faits reprochés à son client. "Il ne faut pas oublier que les faits pour lesquels il était poursuivi reste un homicide volontaire sur conjoint, donc il encourait la réclusion criminelle à perpétuité, soit 30 ans. Après il faut comme dans tout dossier de nature criminelle prendre en compte la dimension humaine. Je pense qu'elle a été prise en compte, le parcours de cet homme, cette histoire familiale douloureuse qu'il porte en lui, mais aussi la dérive, la déchéance de cet homme qui n'a pas su affronter ses ^propres difficultés et qui a trouvé pour seul refuge l'alcool."

Maître Leclerc et son client qui se laissent quelques jours de réflexion pour décider d'un éventuel appel.