Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès

CARTE - Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : dix ans de fausses pistes

-
Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants à Nantes en avril 2011, est introuvable depuis dix ans. Dieppe, Fréjus, Glasgow : des milliers de signalements ont été faits, mais tous se sont soldés par des échecs. France Bleu revient sur ses fausses pistes.

La maison de la famille Dupont de Ligonnès à Nantes en avril 2012.
La maison de la famille Dupont de Ligonnès à Nantes en avril 2012. © AFP - JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Où est Xavier Dupont de Ligonnès ? C'est la question que se posent les enquêteurs et de nombreux Français depuis dix ans. Début avril 2011, une famille entière disparaissait à Nantes. Quelques jours plus tard, les policiers découvraient ensevelis sous la terrasse les corps de la mère, Agnès, et des quatre enfants, Arthur, Benoît, Anne et Thomas. Seul manquait le père, Xavier Dupont de Ligonnès. Après un périple en voiture de la Loire-Atlantique au Var, l'homme de 50 ans à l'époque était aperçu pour la dernière fois à Roquebrune-sur-Argens, filmé par une caméra de vidéosurveillance quittant à pied le parking d'un hôtel Formule 1. 

Un mandat d'arrêt international a été émis. Et depuis, des milliers de signalements ont afflué sur le bureau des enquêteurs nantais, de l'Essonne à Glasgow, en passant par l'Italie et Dieppe. Sans aucun résultat à ce jour. France Bleu revient sur certaines de ces fausses pistes.

Juin 2011 : deux signalements en Essonne

Selon le Parisien, deux mois après la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, deux signalements jugés crédibles intéressent les enquêteurs. Une enseignante affirme tout d'abord l'avoir vu dans un bus à Versailles, ville des Yvelines où vit une partie de sa famille, le 9 juin. Selon une source proche du dossier interrogée par le quotidien, la femme l'aurait pris en photo mais aurait oublié d'enlever le cache de l'objectif. Les enquêteurs surveillent les lieux, en vain.

Le même jour, une autre femme soutient avoir aperçu le père de famille près d'un centre commercial en Essonne. Les caméras de vidéosurveillance sont exploitées, on y voit un homme "aux caractéristiques physiques pouvant correspondre au profil du fugitif". Mais la piste se referme sans rien donner.

Mars 2012 : un restaurant en Italie

Un an après sa disparition, un couple de restaurateurs français installés près de Cuneo, ville italienne proche de la frontière avec la France, assurent avoir vu Xavier Dupont de Ligonnès. "Nous sommes certains que le tueur a dîné chez nous", ont confié à l'époque les deux gérants au journal local TargatoCN. Le patron du restaurant a tenté de soutirer des informations à ce client. Ce dernier a seulement expliqué qu'il arrivait de France et qu'il aimait le vin rouge, avant de "partir à la hâte" selon le couple. 

En Italie, ce couple de restaurateurs dit avoir servi Xavier Dupont de Ligonnès.
En Italie, ce couple de restaurateurs dit avoir servi Xavier Dupont de Ligonnès. © Maxppp - VIGNOLA François

La police saisit les couverts, le verre et la bouteille de vin servie au suspect. Mais encore une fois, les analyses ADN ne donneront rien.

Février 2013 : dans un hôtel à Dieppe ?

L'enquête rebondit dans le nord de la France en février 2013. Selon RTL, des témoins et des commerçants signalent alors la présence du fugitif à Dieppe, en Seine-Maritime. Le gérant d'un hôtel de la ville est lui aussi persuadé d'avoir logé Xavier Dupont de Ligonnès. Des détails suscitent la curiosité des enquêteurs : le client aurait vidé les cendriers et effacé l'historique de ses recherches sur l'ordinateur de l'hôtel. 

La police décide alors de réaliser des prélèvements ADN dans la chambre concernée. L'analyse des échantillons révèle que le client n'était pas l'homme le plus recherché de France.

Juin 2013 : un cadavre en décomposition à Cogolin

Au mois de mai 2013, de nouvelles fouilles ont lieu dans le Var, un département où la famille Dupont de Ligonnès a vécu. Un mois plus tard, nouvelle alerte dans le Var. Un cadavre en état de décomposition est retrouvé à Cogolin, à une vingtaine de kilomètres de l'endroit où le fugitif a été vu pour la dernière fois. 

Une autopsie est demandée. Mais là encore, les analyses sont formelles : il ne s'agit pas du père de famille. 

Avril 2015 : des ossements découverts à Fréjus

Un an et demi plus tard, le 28 avril 2015, des ossements sont découverts par un promeneur dans une forêt près de Fréjus. La piste Xavier Dupont de Ligonnès est évoquée, toujours en lien avec le dernier lieu où le suspect a été vu quatre ans plus tôt. Il ne s'agit "pas d'un squelette (...), ce sont des ossements avec manifestement les traces d'une vie pendant quelques semaines, quelques mois", avait alors précisé la procureure de Draguignan.

Les résultats d'analyses révèlent une nouvelle fois que ces ossements ne correspondent pas au profil génétique de Xavier Dupont de Ligonnès.

Juillet 2015 : une mystérieuse lettre à l'AFP

Durant l'été 2015, le bureau de l'Agence France Presse à Nantes reçoit une mystérieuse lettre. A l'intérieur, une photo de deux enfants Dupont de Ligonnès : l’aîné, Arthur, 20 ans au moment de sa mort, et Benoît, 13 ans, le benjamin. Au dos de cette photo encore jamais parue dans la presse, une phrase : "Je suis encore vivant", suivie d'une signature, "Xavier Dupont de Ligonnès". Le courrier est daté du 11 juillet 2015 "à Nantes". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Gérer mes choix

Une expertise graphologique est demandée, des traces d’empreintes digitales sont recherchées. La police judiciaire estime ensuite qu'il y a "très peu de probabilités" que le courrier ait été écrit par le fugitif.

Octobre 2016 : un sosie à Néris-les-Bains 

Selon une information du journal La Montagne, un homme ressemblant fortement à Xavier Dupont de Ligonnès a été aperçu le 17 octobre 2016 au casino de Néris-les-Bains, dans l'Allier. Des investigations sont alors menées, les images des caméras du casino réquisitionnées et transmises à la police judiciaire de Nantes, en charge de l'enquête.

L'homme est finalement interpellé. Il s'agit en fait d'un sosie du père de famille. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs de la PJ reçoivent à l'époque "un signalement de ce genre par semaine, en moyenne". Le mystère reste donc entier.

Janvier 2018 : fouilles dans un monastère à Roquebrune-sur-Argens

Un an et demi plus tard, nouvelle déception pour la police judiciaire. Nous sommes en décembre 2017, plusieurs fidèles du monastère Saint-Désert-des-Carmes, à Roquebrune-sur-Argens, font état de la présence d'un moine ressemblant au fugitif nantais. A l'époque, les enquêteurs avaient déjà fouillé de nombreux monastères mais pas celui-ci.

Le monastère de Roquebrune-sur-Argens où Xavier Dupont de Ligonnès était soupçonné de se cacher.
Le monastère de Roquebrune-sur-Argens où Xavier Dupont de Ligonnès était soupçonné de se cacher. © Maxppp - Thierry Garro

Début janvier, les policiers s'y rendent, sans mettre la main sur Xavier Dupont de Ligonnès. Le père de famille ne se cachait donc pas parmi ces moines, mais selon un historien du CNRS, rien ne dit qu'il n'ait pas essayé de trouver refuge dans un établissement de ce genre.

Octobre 2019 : le fiasco de Glasgow

Vendredi 11 octobre 2019, à 21h, c'est la stupeur : suite à une dénonciation anonyme, Xavier Dupont de Ligonnès aurait été arrêté en Ecosse. Une information du Parisien confirmée par de nombreux médias auprès de sources proches du dossier. Un homme a en effet été interpellé à l'aéroport de Glasgow en provenance de Roissy et, selon les policiers écossais, ses empreintes digitales correspondent au fugitif.

Dans le même temps, une perquisition est menée dans une maison de Limay, dans les Yvelines. Cette adresse est celle qui figure sur le passeport de l'homme arrêté. A Nantes, le procureur de la République appelle lui à la prudence.

Finalement, le lendemain à la mi-journée, une expertise ADN vient disculper le septuagénaire interpellé. L'homme est en effet un retraité francilien, marié à une Ecossaise. 

Septembre 2020 : un nouveau sosie à Pont-de-Roide

L'année dernière, énième rebondissement dans cette affaire. En septembre 2020, un homme, qui ressemble à Xavier Dupont de Ligonnès, est signalé par deux habitants de Pont-de-Roide, dans le Doubs. Un couple, qui a longuement discuté avec ce sans domicile fixe, a en effet alerté  les gendarmes.

Après une enquête de voisinage et plusieurs auditions, le SDF est localisé, des vérifications sont menées. "Malgré une ressemblance physique troublante", la piste est rapidement écartée indique une source proche du dossier. 

Dix ans après la mort d'Agnès, Arthur, Benoît, Anne et Thomas, le mystère reste donc entier autour de la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess