Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : les médias français s'expliquent sur la fausse piste de l'arrestation à Glasgow

-
Par , France Bleu, France Bleu Loire Océan

Comment des policiers français ont-ils pu croire à l'arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès et comment les journalistes ont-ils relayé l'information ? Alors qu'une fausse piste a enflammé les médias vendredi soir et samedi matin, des télés, radios et journaux s'expliquent.

Des journalistes interrogent un riverain, samedi matin, devant l'ancienne maison de la famille Dupont de Ligonnès.
Des journalistes interrogent un riverain, samedi matin, devant l'ancienne maison de la famille Dupont de Ligonnès. © AFP - SEBASTIEN SALOM-GOMIS

France

C'était une information de nature à accaparer la une de la plupart des journaux et des sites internet, à alimenter des éditions spéciales sur les chaînes d'information continue, à la radio et la télévision : Xavier Dupont de Ligonnès, l'un des hommes les plus recherchés de France, arrêté en Ecosse, vendredi soir. L'homme allait enfin s'expliquer sur le crime qui lui est reproché : le meurtre, en avril 2011, de ses enfants et de son épouse, dont les corps ont été enterrés dans leur maison de Nantes.

Sauf que l'individu interpellé à l'aéroport de Glasgow, à la demande de la police française, est un retraité francilien, habitué aux allers-retours entre les Yvelines et les îles britanniques. Une analyse ADN l'a mis hors de cause. Sonnés, de nombreux médias expliquent comme ils ont été conduits à communiquer de manière si affirmative sur une fausse piste.

Le journal Le Parisien retrace par "souci de transparence" les origines de cette "incroyable méprise". C'est ce quotidien qui a, le premier, diffusé l'information, peu après 20h30. "Plusieurs sources haut placées françaises sont catégoriques" écrit la rédaction, "les Ecossais nous ont dit, c'est votre homme". Ce sont les comparaisons entre les empreintes de l'homme arrêté à Glasgow et celles de la base Interpol qui "font tout basculer".  

L'AFP reprend l'information à son tour à 21h01. "L'agence dispose de quatre sources policières françaises différentes avec lesquelles les journalistes ont l'habitude de travailler en confiance", explique l'AFP dans une dépêche dédiée, "toutes relèvent que "selon la police écossaise" les empreintes digitales de l'homme interpellé à Glasgow "correspondent". 

Quand l'AFP, l'agence de presse de référence, publie cette information, de nombreux médias la suivent sur la foi de son expérience et de ses sources, comme l'a fait France Bleu. France Bleu qui s'appuie aussi sur franceinfo et ses spécialistes police-justice. Audrey Goutard, journaliste spécialisée à France Télévisions, retrace elle aussi la mécanique qui a conduit à "une erreur de taille". 

"Les plus hautes autorités de la police nous confient à 100% qu'il s'agit de Xavier Dupont de Ligonnès" relate-t-elle, "elles s'appuient sur les propos de leurs homologues écossais". Le journal Le Monde raconte s'être appuyé sur "plusieurs sources au sein de la police française", ces sources précisant que Xavier Dupont de Ligonnès avait été identifié par la police écossaise".

Les certitudes s'effritent

Mais les policiers en question à Glasgow n'ont pas les mêmes références que les enquêteurs français. Vendredi soir, le procureur de Nantes appelle à la prudence auprès de l'AFP et précise que les enquêteurs "vont donc faire des vérifications en Ecosse", notamment par une analyse ADN.

BFMTV le révèle samedi dans la matinée : les empreintes digitales ne correspondent que très partiellement. Les certitudes s'effritent, d'autant que les reportages réalisés par France Bleu Paris, franceinfo et d'autres médias, à Limay, là où habite le suspect mettent en évidence l'incrédulité de ses voisins et amis, avec des arguments sérieux.

"Nous, journalistes, avons avancé comme des policiers, conclut Audrey Goutard, au rythme de l'enquête, avec les risques que cela comporte." Yannick Letranchant, directeur général délégué à l'information de France Télévisions, a présenté ses excuses sur le réseau social Twitter.

A BFMTV, on se félicite d'avoir indiqué comme source à l'antenne, la plupart du temps, "les enquêteurs écossais", même si la chaîne de télévision reconnaît une soirée de vendredi, "émaillée d'informations contradictoires". La télé a fait partie des premiers à annoncer la conclusion de cet épisode : l'analyse ADN a disculpé l'homme de Glasgow, un septuagénaire qui habite dans les Yvelines. 

L'homme placé en garde à vue a été relâché ce samedi, annonce la police écossaise. Lui et sa famille "ne souhaitent pas parler aux médias pour le moment et demandent que leur vie privée soit respectée à cet égard", précisent les Britanniques.   

Choix de la station

France Bleu