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Faits divers – Justice

Affaires de violences conjugales jugées à Reims : "j'avais peur de mourir"

vendredi 25 novembre 2016 à 17:51 Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne

A l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, 14 affaires de violences ont été regroupées dans une même audience ce vendredi 25 novembre devant le tribunal correctionnel de Reims. L'occasion pour des femmes de témoigner.

14 dossiers concernant des violences au sein du couple ont été jugés ce vendredi.
14 dossiers concernant des violences au sein du couple ont été jugés ce vendredi. © Radio France - Sophie Constanzer

Reims, France

Les dossiers se succèdent, et les mêmes mots reviennent souvent dans la bouche des prévenus : "elle m'a poussé à bout", "j"ai pété un plomb", "j'ai jamais été violent". Ce vendredi 25 novembre, 14 hommes comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour des violences sur leurs compagnes ou ex-compagnes : 14 dossiers regroupés volontairement dans une même audience par le procureur de la République de Reims en cette journée internationale contre les violences faites aux femmes. A la barre, le premier prévenu, âgé de 50 ans, avoue avoir "repoussé" son ancienne compagne avant de se justifier "c'est quelqu'un de colérique... je ne suis pas un homme violent...".

Si on avait un portrait type de l'homme violent, on pourrait prévenir... sauf que ça touche tout le monde -- Matthieu Bourrette, procureur de Reims

Des "excuses" tristement banales selon le procureur de la république de Reims, Matthieu Bourrette : "ce serait merveilleux si on avait le gêne de l'homme violent, si on avait un portrait type, on pourrait prévenir ce genre de choses, sauf que ça touche tout le monde, toutes les catégories socio-professionnelles, tous les âges, des gens qui sont en couple depuis peu de temps, des gens qui sont ensemble depuis des dizaines d'années Les prévenus ont été condamnés à des peines allant de 1 mois à 4 mois de prison avec sursis". A Reims, 150 condamnations pénales par an sont prononcées pour violences conjugales. Ce vendredi des peines de 1 à 4 mois de prison avec sursis ont été prononcées.

J'avais peur de mourir... et de ne plus être là pour mes enfants -- une victime

Certaines victimes n'étaient pas à l'audience ce vendredi, mais d'autres ont osé témoigner, comme cette femme de 31 ans, maman de trois enfants. Le 24 octobre dernier, son ex-compagnon a défoncé la porte de chez elle, avant d'essayer de l'étrangler. Pendant de longues minutes, elle a eu "la peur de mourir". "J'avais peur de mourir quand même, et de ne plus être là pour mes enfants... je regardais des films, je pensais pas que ça m'arriverait", avoue, le regard vide, la jeune femme. Les victimes se retrouvent souvent démunies, comme cette autre femme dont le compagnon a été jugé ce vendredi. "Si je parle, il me tape, me donne des coups de poing devant les enfants, j'ai rien à la maison, pas d'argent pour acheter à manger", raconte cette victime qui vit dans un foyer d'urgence avec ses trois enfants depuis son dépôt de plainte en mai dernier.

Des excuses, la peur, et le pardon: reportage à l'audience.