Faits divers – Justice

Affiches dans le métro : la RATP va rétablir la mention "en faveur des chrétiens d'Orient"

Par Julie Guesdon, France Bleu Paris dimanche 5 avril 2015 à 21:20 Mis à jour le lundi 6 avril 2015 à 17:47

Métro,RATP,Paris
Métro,RATP,Paris © Fotolia.com

Plusieurs élus politiques ont dénoncé depuis dimanche le refus de la RATP d'ajouter la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient" sur 250 affiches d'un concert du groupe Les Prêtres. L'entreprise a affirmé avoir agi au nom de la "neutralité du service public". Mais lundi soir, elle semble avoir décidé de finalement faire marche arrière.

La Régie autonomie des transports parisiens (la RATP)  a reçu une flopée de critiques de l'opinion public et de la classe politique depuis dimanche pour avoir refusé d'apposer la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient" sur une affiche de promotion d'un concert du groupe Les Prêtres.

Devant ces critiques, la RATP a indiqué avoir agi au nom de la "neutralité du service public" dans "le contexte d'un conflit armé à l'étranger" .

Sidération de la classe politique

Chez les personnalités politiques de tout bord, on condamne cette décision. Jean-Paul Huchon, le président PS de la région Ile-de-France et président du STIF, le syndicat qui gère les transports de la région, a "invité " lundi la RATP à autoriser les affiches avec la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient ".

Dimanche sur BFMTV Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes, s'était emporté : "Je suis sidéré, [...] Mais c'est honteux, je demande à la RATP de régler le problème" .

"Sur les chrétiens d'Orient, avec le génocide qui est en cours par les barbares de Daesh et d' Al-Qaïda, je pense que la RATP aurait dû réfléchir à ce qu'est la solidarité, ce n'est pas une atteinte à la laïcité, quelle que soit la religion des gens" , a renchéri sur la même chaîne le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde. Selon lui, "la RATP a fait une faute de jugement à deux titres : sur la laïcité et sur la solidarité".

Thierry Solère, député UMP des Hauts-de-Seine, avait tranché plus tôt : "C'est une faute, on ne peut pas prendre le débat sur la laïcité comme prétexte à des choses de cette nature" . Proche de Bruno Le Maire, Thierry Solère avait demandé à la RATP, lors du Grand Rendez-Vous (Le Monde, iTELE, Europe 1), "de ne pas être dans cette application bébête des grands principes de la laïcité" .

 

Dans un communiqué, le député PS Gérard Bapt, président du groupe d'amitié France-Syrie, a commenté pour sa part : "La laïcité n'impose pas d'omettre le devoir de sa solidarité avec une minorité religieuse constituant une cible privilégiée de Daech et de ses alliés" .

Sur Twitter, la présidente du FN, Marine Le Pen, a adressé "une pensée particulière et émue pour les Chrétiens d'Orient et tous les persécutés en raison de leur foi" , sans toutefois faire référence explicitement à la décision de la Régie de transports.

La RATP fait marche arrière ?

La coordination des chrétiens d'orient en danger (Chredo) avait saisi en référé vendredi le tribunal de grande instance de Paris afin de contraindre la RATP et Métrobus à permettre la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient", refusée par la Régie qui invoque le "principe de neutralité du service public" dans "le contexte d'un conflit armé à l'étranger" .

Lundi soir, la RATP a visiblement décidé de faire marche arrière. Jean-Vincent Placé a en effet remercié sur Twitter Pierre Mongin, patron de la régie des transports franciliens. "Il vient de m'appeler : la mention Chrétiens d'Orient sera rétablie sur les affiches", a écrit l'élu écologiste.