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Faits divers – Justice

Agnès Buzyn après son passage à l'Ehpad du Lherm : "Pour l'instant [...] je n'ai pas de raison de suspendre l'agrément"

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Par , , France Bleu Occitanie, France Bleu

Agnès Buzyn, la ministre de la santé, était en Haute-Garonne ce mardi, au lendemain de la mort de cinq personnes âgées d'un Ehpad du Lherm. Au sortir de sa rencontre avec les familles de victimes, elle a accordé un entretien exclusif à France Bleu Occitanie.

Agnès Buzyn, ministre de la santé.
Agnès Buzyn, ministre de la santé. © Maxppp -

Lherm, France

Agnès Buzyn s'est rendue au chevet des familles des victimes et des personnels de l'Ehpad de Lherm ce mardi après-midi. Dimanche, après avoir dîné, vingt personnes âgées de l'Ehpad de Lherm, en Haute-Garonne, ont présenté des symptômes laissant penser à une intoxication alimentaire. Cinq d'entre elles sont mortes. Voici l'interview exclusive de la ministre de la santé, au sortir de cette visite ministérielle.

France Bleu Occitanie : Qu'est-ce que vous avez dit aux familles des résidents de l'Ehpad du Lherm ? Est-ce que vous les avez rencontrées ?

Agnès Buzyn : Bien sûr. J'ai rencontré toutes les familles de résidents, à la fois de résidents qui ont été malades, malheureusement de familles endeuillées. Et puis je suis également allée à Rangueil rencontrer des personnes hospitalisées et leurs familles. Je leur ai donné deux messages : d'abord un message évidemment de compassion, de soutien, parce que c'était très choquant pour ces familles qui ont été réveillées au milieu de la nuit pour entendre parfois de très mauvaises nouvelles. Très choquant.. 

Ça crée beaucoup d'inquiétude également pour les familles qui ont encore des résidents de l'Ehpad hébergées. Même si ces personnes n'ont pas été malades, les familles s'inquiètent de la capacité de l'Ehpad à poursuivre une prise en charge de qualité. Et donc je suis venu les rassurer sur le fait que d'abord j'étais très attentive à l'enquête en cours que je souhaitais que toute la transparence soit faite sur les événements, cet événement dramatique, et que tout cela serait rendu public évidemment dès que nous aurons les réponses du procureur de la République.

Vous parlez d'inquiétude alors effectivement il y a une enquête en cours. Mais ce qu'il ne faudrait pas suspendre l'agrément de l'Ehpad en attendant d'y voir plus clair ?

Pour l'instant, tant que l'enquête n'a pas donné d'éléments probants pour dire s'il y a une faute ou un défaut de procédure je n'ai pas de raison de suspendre un agrément. Par contre si à l'évidence, il s'avérait que des fautes ont été commises nous verrons s'il faut prendre des dispositions. Ce que j'ai entendu des familles, et c'est important aussi pour les résidents qui restent, c'est que le personnel de cet Ehpad est très bienveillant. Ce sont des personnels très engagés... 

Est-ce qu'il est suffisant, ce personnel ?

Après, se posera la question du nombre de personnes présentes le soir du drame et donc ça l'enquête nous dira si le personnel était en nombre suffisant. Je ne peux pas en juger tant que l'enquête ne s'est pas terminée.

Mais à ce stade vous n'avez pas eu de doute, il n'y a pas eu de remontées de soucis dans cet établissement ?

Non. C'est un établissement qui n'avait pas de signalements au niveau de l'ARS, de l'Agence Régionale de Santé. Certains établissements sont connus et parfois défavorablement connu de certains services parce que il y a des manques de personnel ou des cas de maltraitance ou des défauts de procédure. Cet établissement-là n'était pas connu et n'avait jamais fait l'objet de signalement particulier. Les familles avaient toutes la même expression concernant les personnels qui y travaillent, c'est à dire un "personnel bienveillant". Ca ne veut pas dire qu'il n'y ait pas eu de faute ou de procédure mal suivie - et ça l'enquête nous le dira - mais en tous les cas il n'y a pas de malveillance manifeste dans cet établissement.

Un plan dépendance est prévu d'ici la fin de l'année. Est ce que ce drame doit ou va accélérer les choses ?

Le plan dépendance, oui, va évidemment répondre à l'urgence de la situation. On voit bien depuis quelques années monter une inquiétude dans la population sur la façon dont les personnes sont prises en charge notamment dans les Ehpad mais aussi sur la capacité qu'ont certaines familles à maintenir des personnes âgées dépendantes à domicile parce que c'est souvent leur souhait. Et nous avons aussi des problèmes pour recruter du personnel auprès des personnes âgées dépendantes. Ce sont des métiers trop peu valorisés où les personnes sont assez peu formées et ont très peu de perspectives de carrière. Donc cela doit être réformé. C'est l'objet du grand plan sur la dépendance que je présenterai à la fin de l'année. 

L'enjeu c'est de favoriser le maintien à domicile pour ceux qui le souhaitent, améliorer les prise en charge en Ehpad, notamment en augmentant le nombre de personnels soignants auprès des personnes âgées. Il y a aussi un enjeu de mieux accompagner les aidants familiaux, de mieux accompagner les personnels soignants dans leurs perspectives de carrière dans la gestion des carrières. Parce que ces personnels doivent être mieux valorisés. 

Et puis il y a en fait également un sujet de gouvernance et de financement de l'ensemble puisque nous savons que devant nous nous attendent des défis immenses, avec un triplement de la population âgée de plus de 85 ans à l'horizon 2050. Il nous faudra évidemment nous organiser et financer, être en capacité de financer, les besoins en terme de prise en charge.

Est-ce que vous avez des idées concrètes, déjà ? Des pistes concrètes ?

Le rapport de Dominique Libault m'a été remis le 28 mars dernier, il y a quatre jours. Il fait la synthèse d'une grande consultation nationale. Il y a eu des dizaines de groupes de travail. Nous avons eu plus de 400.000 contributions de citoyens français pour des propositions sur la prise en charge des personnes âgées. Et ce rapport est vraiment passionnant il ouvre beaucoup de perspectives et de pistes sur lequel je travaille pour proposer évidem ment une loi qui réformera la gouvernance, le financement, les prises en charge, les métiers, et tout cela évidemment est en cours de concertation et d'instruction mais il y aura un projet parce que l'urgence, c'est de nous organiser et d'être au rendez-vous des années qui viennent.