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Faits divers – Justice

Agression à la prison de Condé-Sur-Sarthe : le détenu radicalisé s'était fait remarquer pour son prosélytisme en prison

mardi 5 mars 2019 à 16:03 - Mis à jour le mardi 5 mars 2019 à 22:11 Par François Pelleray et Blandine Costentin, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Alsace, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin, France Bleu, France Bleu Maine et France Bleu Sud Lorraine

Le détenu qui a poignardé deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne ce mardi avant d'être interpellé avait été condamné en 2015 pour le meurtre d'un octogénaire en Moselle. Fasciné par le nazisme à l'adolescence, il s'était ensuite converti à l'islam, puis radicalisé.

Le centre de détention de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne.
Le centre de détention de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne. © AFP - Jean-François Monier

L'homme qui a agressé ce mardi deux surveillants du centre de détention de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne a été interpellé en début de soirée par les policiers du Raid. Il était retranché depuis près de dix heures dans l'unité de vie familiale de la prison avec sa compagne qui est morte à la suite de l'assaut. Le parquet antiterroriste a été saisi. Michaël C., 27 ans, a commencé sa carrière criminelle en Moselle. 

En 2012, il avait participé au cambriolage avec séquestration d'un homme de 89 ans, à à Montigny-les-Metz. La victime, ligotée et bâillonnée tandis que les voleurs fouillaient son appartement, était morte asphyxiée. Pour ce crime, Michaël C. et un complice avaient été condamnés en 2014 à 28 ans de réclusion, puis 30 ans en appel un an plus tard.

Fasciné par le nazisme à l'adolescence

Me Cédric Demagny, l'avocat qui défendait Michaël C. en 2014 se souvient d'un jeune homme "en rupture familiale", "isolé affectivement". Déjà converti à l'islam depuis 2010, il ne présentait pas en revanche, selon lui, de signe évident de radicalisation, même s'il avait en permanence en main un chapelet musulman. Devant la cour d'assises de la Moselle, l'accent était surtout mis sur l'attirance de l'accusé pour le nazisme, au moment de l'adolescence. "Des dossiers photos avaient été présentés" se souvient Me Demagny.

Entre le procès de Metz et celui de Nancy, en appel, un incident s'était produit. Détenu à Mulhouse, Michaël C. a été condamné en novembre 2015 à un an de prison pour apologie d’acte de terrorisme. Au lendemain de l'attentat du Bataclan, il avait fait jouer par un groupe de détenus une scène de fusillade en scandant "Bataclan, Bataclan..." Selon les surveillants présents, le Mosellan aurait été l’instigateur de la scène et il se serait félicité de l'attaque perpétrée à Paris.

Un "phénomène d'escalade" de 2012 à 2015

Devant la cour d'appel de Nancy en 2015, c'est plutôt l'aspect religieux de sa personnalité qui a été abordé. Me Marlène Schott, l'avocate de son complice, a assisté aux deux procès. Aux assises de Meurthe-et-Moselle, l'incident de Mulhouse a été mis en avant et sa radicalisation, "est apparue clairement" raconte l'avocate. 

Entre le crime de 2012 et le procès de 2015, il semble y avoir eu "un phénomène d'escalade" constate Me Demagny -qui n'a pas voulu suivre Michaël C. en appel. Quand il a connu l'accusé, "c'était un jeune homme dont, peut-être, on pouvait encore faire quelque chose", constate l'avocat, "il semblerait que les années suivantes n'ont fait que le radicaliser." Outre les faits à la maison d'arrêt de Mulhouse, son parcours en détention est marqué par "des incidents disciplinaires" liés à la religion.

En prison, il se fait remarquer pour son prosélytisme

Michaël C. a été incarcéré dans plusieurs prisons de l'Est de la France, Nancy, Metz, Epinal, Mulhouse, Besançon, ainsi qu'à Réau en Seine-et-Marne. Selon la déléguée régionale FO pénitentiaire, Fadila Doukhi, lors de son passage à Nancy, il s'est fait remarquer pour son prosélytisme. Même à l'isolement, il parvenait à communiquer avec d'autres détenus. D'après la responsable syndicale, un détenu aurait même demandé à quitter le quartier d'isolement pour échapper à cette tentative d'emprise religieuse. 

Des liens avec Cherif Chekatt, l'auteur de l'attentat de Strasbourg 

Selon franceinfo, l'agresseur des surveillants de Condé-sur-Sarthe se serait lié en prison avec Cherif Chékatt, l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018, qui a tué cinq personnes. Les deux hommes ont passé 175 jours de détention ensemble, puis ont continué à correspondre par courrier.

Lors de sa conférence de presse donnée en début de soirée, le procureur de la République de Paris a expliqué que "le détenu, en se jetant sur les surveillants pénitentiaires avait crié Allah Akbar (...) disait vouloir venger Chérif Chekatt".

Agression de deux surveillants de prison à Condé-sur-Sarthe. - Visactu
Agression de deux surveillants de prison à Condé-sur-Sarthe. © Visactu