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Faits divers – Justice

Agression d'un couple sur fond d'antisémitisme à Créteil : le procès s'ouvre ce mardi

mardi 26 juin 2018 à 9:26 Par Martine Bréson, France Bleu Paris et France Bleu

La question de l'antisémitisme est au cœur du procès qui s'ouvre ce mardi aux assises du Val-de-Marne à Créteil. Cinq jeunes hommes sont jugés pour les vols commis au domicile d'une famille juive et le viol de l'une des victimes. Le verdict est attendu le 6 juillet.

L'antisémitisme au cœur du procès.
L'antisémitisme au cœur du procès. © Maxppp -

Créteil, France

Le procès des agresseurs présumés d'un jeune homme juif et de sa compagne dans un appartement de Créteil s'ouvre ce mardi devant les assises du Val-de-Marne. L'affaire avait été très médiatisée en décembre 2014 et la question de l'antisémitisme devrait être au cœur des débats. Pour l'accusation, cette affaire est le symbole de "l'antisémitisme d'aujourd'hui". Pour l'avocat de la famille, il n'y a aucun doute. Le préjugé sur la richesse des juifs constitue la cause principale de toutes les infractions. Pour la défense, il s'agit simplement d'un cambriolage qui a mal tourné. Le verdict est attendu pour le 6 juillet 2018.

Les juifs ça ne met pas d'argent à la banque" - l'un des malfaiteurs 

Ils sont trois, ce 1er décembre 2014, à s'introduire dans l'appartement familial de Créteil où se trouvent ce jour-là, Jonathan, 21 ans, et sa compagne Laurine, 19 ans. Le couple est ligoté avec du scotch, frappé. La jeune femme est violée dans l'une des chambres. Durant une heure, les trois agresseurs vont s'efforcer de trouver de l'argent. Ils emporteront 55 euros trouvés dans un portefeuille, une tablette, quelques bijoux et 400 euros retirés au distributeur. Ce n'est apparemment pas le butin espéré car les victimes avaient été repérées. L'autre fils de la famille est le gérant d'une boutique de vêtements, croit savoir l'un des agresseurs mais en réalité, il n'est que vendeur.  "Les juifs, ça met pas l'argent à la banque", lance l'un des hommes à Jonathan. Il ajoute "ton père, c'est celui qui a la Mercedes noire et qui sort le samedi avec un truc sur la tête". Ce sont ces éléments qui ont été retenus pour déterminer la circonstance aggravante d'antisémitisme.

Les accusés nient le caractère antisémite de l'agression    

Deux malfaiteurs, âgés de 19 et 22 ans à l'époque et originaires du Val-de-Marne, seront rapidement interpellés. Le troisième, toujours en fuite, fait l'objet d'un mandat d'arrêt. Deux autres complices présumés seront jugés en même temps qu'eux. Tous nient avoir ciblé leurs victimes en raison de leur judéité présumée et attribuent les propos antisémites à l'accusé en fuite. Celui qui est renvoyé pour le viol de la jeune femme nie également les faits.  

Leur mise en examen les mettait notamment en cause pour "violences en raison de l'appartenance religieuse" mais la juge d'instruction avait abandonné le caractère antisémite au terme de son enquête, avant de finalement la rétablir après appel du parquet.    

L'agression avait fait réagir le président de la République

Dans un contexte de forte hausse des actes et menaces antisémites, l'agression avait provoqué une vive émotion dans le pays et la communauté juive. Elle avait été dénoncée par le président François Hollande comme symbole du "pire" et du "mal" qui traversent la société française. Il ne s'agit pas d'un "simple fait divers", avait déclaré le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, dans un discours à Créteil, quelques jours après les faits. "Derrière ce crime, il y a un mal qui ronge la République et que nous devons combattre à tout prix", avait-il dit, en annonçant que le gouvernement ferait de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme une cause nationale.