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Faits divers – Justice

Agression d'une femme transgenre à Paris : un suspect de nouveau mis en garde à vue

mercredi 10 avril 2019 à 7:49 Par Martine Bréson, France Bleu Paris et France Bleu

Un suspect a de nouveau été placé en garde à vue mardi pour l'affaire de l'agression d'une femme transgenre le 31 mars 2019 à Paris, place de la République. Dans la soirée, 400 personnes ont participé à un rassemblement place de la République, où l'agression avait eu lieu, pour soutenir cette femme.

Manifestation de soutien pour Julia.
Manifestation de soutien pour Julia. © Maxppp - Vincent Isore

Paris, France

Un homme soupçonné d'avoir participé à l'agression de Julia, une femme transgenre, à Paris place de la République , le 31 mars 2019, a été de nouveau placé en garde à vue mardi après-midi, a indiqué le parquet de Paris. L'homme avait été interpellé le jour des faits avant d'être relâché le lendemain.  

Une enquête pour "violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre" est en cours. Cette agression transphobe avait provoqué l'indignation de plusieurs élus politiques, dont la maire de Paris Anne Hidalgo ou la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa.

Une manifestation de soutien sur les lieux de l'agression 

Près de 400 personnes se sont rassemblées mardi soir à Paris contre la transphobie. Sur les réseaux sociaux, l'agression de Julia, prise à partie par plusieurs personnes en marge d'un rassemblement place de la République contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika, avant d'être secourue par des agents de sécurité de la RATP, avait fait beaucoup réagir.

Présente mardi soir sur cette même place au milieu des manifestants, cette femme transgenre de 31 ans a fait part de sa détermination.  "Cette médiatisation m'a donné l'envie de continuer le combat (...) Que vous soyez gay, lesbienne ou trans, soyez fiers de ce que vous êtes, gardez la tête haute !", a-t-elle lancé au micro sous les applaudissements.  

Les agressions transphobes en forte hausse

Durant ce rassemblement la parole s'est libérée. Julia a raconté qu'elle venait de se faire "traiter de salope" juste avant le rassemblement. "Malheureusement les agressions contre les personnes trans ont lieu au quotidien", dit-elle. Beaucoup ont parlé de la transphobie ambiante.  "C'est une habitude de se faire insulter, frapper dans la rue ou dans le métro quand on est trans. Tous les jours, j'ai peur de sortir de chez moi à cause de ça", raconte Yuri Suarès, une femme transgenre de 40 ans.  "Malheureusement, beaucoup de gens ne portent pas plainte parce qu'ils ne sont pas écoutés par la police qui ne respecte pas leur identité", affirme Giovanna Magrini, médiatrice d'Acceptess-T,une association à l'origine du rassemblement.  

Selon le rapport annuel 2018 de l'association SOS Homophobie, les agressions en raison de leur identité de genre ont augmenté de +54% par rapport à 2017.