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Faits divers – Justice

Agression homophobe en Vendée : le procureur requiert 2 à 8 mois de prison avec sursis

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Par , France Bleu, France Bleu Loire Océan

Devant le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon, le procureur de la République a requis jeudi des peines de 2 à 8 mois de prison avec sursis contre les 12 étudiants de l'ICES poursuivis pour s'en être pris violemment à un stand LGBT.

Le procès des 12 étudiants de l'ICES devant le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon
Le procès des 12 étudiants de l'ICES devant le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon © Radio France - Marc Bertrand

La Roche-sur-Yon, France

Ils sont douze jeunes gens à la barre. Têtes d'anges, habillés bon chic bon genre - "certains sont boursiers à un niveau élevé", insiste un avocat. Jamais condamnés, c'était la première fois qu'ils comparaissaient devant un tribunal, ce jeudi 18 juillet, au palais de justice de La Roche-sur-Yon. Ils y étaient poursuivis pour entrave à une manifestation, et injures à raison de l'orientation sexuelle, et certains pour violence et vol, pour avoir traversé de manière "rapide, massive et volontairement impressionnante", selon les mots du procureur, le stand LGBT contre l'homophobie installé sur la place Napoléon deux mois plus tôt, en scandant : "Homo-folie, ça suffit"

Les faits ont eu lieu le jour de la journée mondiale contre l'homophobie, instaurée après que l'OMS a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales. On comprend comment le mot 'folie' a pu être interprété par les militants du stand" - Un des avocats des parties civiles

"On ne visait pas les personnes, on visait les idées", affirment les prévenus à la barre. En l'occurence, "l'omniprésence" des revendications LGBT, selon eux, dans la sphère publique. Et tous d'assurer que leur action était "pacifique". Cette phrase, "on va casser du pédé", entendue par un voisin quelques heures avant les faits ? Personne ne s'en souvient. Ce prévenu qui traverse le stand en éclatant les ballons avec sa cigarette ? "Oh, c'était bébête... mais pas méchant", répond le jeune homme. Et son camarade voler le drapeau arc-en-ciel du stand, retrouvé en partie brûlé, accroché comme un trophée dans les toilettes d'un autre prévenu ? "Je l'ai fait sans réfléchir", répond-t-il, "mettez ça sur le compte de la jeunesse"

Des "éléments brillants" qui jouent les "gogos" ?

"Attention", rétorque l'avocat des parties civiles. Ces jeunes sont des "éléments brillants". Ils font des études supérieures, tous à l'Institut catholique de Vendée, "ils sont en histoire, en droit". Jouer les "gogos" qui ne réalisent pas la portée de leur action, "ça ne tient pas !" Pendant la plaidoirie des parties civiles, un des prévenus s'est assoupi. La présidente en rappelle d'autres à l'ordre un peu plus tard : "Vous pourriez faire attention à ce qui se passe, plutôt que de regarder vos portables".

Il y avait pourtant des choses à voir. L'un des avocats des parties civiles, qui mentionne Hitler et le troisième Reich dans sa plaidoirie. Son homologue de la défense, qui l'accuse de "vouloir faire passer ces jeunes pour les jeunesses hitlériennes", mais enchaîne en parlant de "délire totalitaire""bientôt, on aura peur de faire un affront parce qu'on ne saura plus s'il faut appeler quelqu'un monsieur ou madame". Le procureur a requis des peines allant de deux à huit mois de prison avec sursis, assortis de 100 à 250 heures de travaux d'intérêt général. La défense a plaidé la relaxe, au nom de la liberté d'expression. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 9 septembre. 

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