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Agression raciste à Dole : quatre mois de prison ferme requis contre l'auteur des faits

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Par , France Bleu Besançon, France Bleu

Deux mois après l'agression raciste à Dole, un double procès avait lieu au tribunal de Lons-le-Saunier dans le Jura, ce mardi. Quatre mois ferme sont requis contre le septuagénaire, accusé d'avoir renversé le père de famille et de l'avoir traité de "bicot". La victime était aussi poursuivie.

Adil Sefrioui, son épouse, et leurs avocats : Me Jules Briquet et Me Randall Schwerdorffer devant le tribunal de Lons-le-Saunier
Adil Sefrioui, son épouse, et leurs avocats : Me Jules Briquet et Me Randall Schwerdorffer devant le tribunal de Lons-le-Saunier © Radio France - Sophie Allemand

Le 21 avril 2021 à Dole, un homme de 72 ans avait renversé un habitant devant son domicile, sous les yeux de sa femme et de ses enfants, après l'avoir traité de "sale bicot". La vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux. Après cette agression raciste dans le Jura, le procès s'est déroulé à Lons-le-Saunier, mardi 22 juin. Le septuagénaire, ainsi que le père de famille étaient poursuivis dans cette affaire.

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Le conducteur de la voiture ne s'est pas déplacé à l'audience. Le procureur, Lionel Pascal, a requis une peine de six mois d'emprisonnement, dont deux mois avec sursis, à son encontre. L'homme de 72 ans est poursuivi pour "violences volontaires avec arme et injures racistes." Adil Sefrioui, la victime de l'agression, comparaissait pour sa part pour "injures, violences légères et dégradations." Une peine d'amende de 1.100 euros d'amende, dont 900 avec sursis, a été requise à son encontre.

Un procès inversé, selon les parties civiles 

Les avocats d'Adil Sefrioui et des associations parties civiles (la Licra, SOS racisme et la Coordination contre le racisme et l'islamophobie), ont fustigé l'absence du prévenu à son procès. Ils ont dénoncé un "traitement communautaire" de ce dossier.

Adil Sefrioui et son épouse sont sortis de l'audience en larmes : 

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Le principal prévenu n'étant pas présent durant l'audience, Adil Sefrioui a dû répondre aux questions du président durant deux heures. Il a fini par craquer à la barre. En larmes, le père de famille a déclaré : "tout le monde a vu l'agression, ma femme, mes enfants, et même les voisins. C'est une blessure qui marque. Je suis artisan, je travaille, je fais tout pour mes enfants, et je ne compte sur personne." L'homme explique ne plus pouvoir exercer son métier d'électricien correctement, et mal dormir depuis deux mois. 

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Il s'agit de faits "particulièrement graves", "il y a une volonté de toucher à son intégrité physique", a noté le procureur de la République. Néanmoins, Lionel Pascal estime que le retraité a été "pris à parti" par le couple. 

La vidéo prise par la femme de la victime décortiquée

Le 21 avril, Laetitia, l'épouse d'Adil Sefrioui, a filmé la scène sur son téléphone. Cette vidéo d'à peine 2 minutes avait suscité l'émoi sur les réseaux sociaux, elle a été diffusée durant l'audience et décortiquée par le tribunal. La fin de la vidéo a glacé toute la salle. En quelques secondes, on aperçoit la palissade détruite par le choc de la voiture, puis le téléphone tomber violemment ; tout cela sous des bruits de moteur, des cris de femme et d'enfants.  

Les époux Sefrioui expliquent avoir aperçu cet homme "très étrange," en train de prendre des photos de leurs enfants dans le jardin. Le couple, méfiant, a cherché à comprendre. Au tout début, on voit le père donner un petit coup de pied au septuagénaire, qui revient menaçant, un cric à la main. 

Très vite dans la vidéo, les insultes racistes lancées par le retraité sont audibles : "approche sale bicot, tu vas finir sous le capot aujourd'hui." Ce dernier repart dans sa voiture avant de faire demi-tour et de foncer sur Adil Sefrioui, sur le trottoir. La victime a sauté sur le capot, s'en sortant avec plusieurs factures et 30 jours d'ITT (interruption temporaire de travail). 

Une volonté de tuer pour les parties civiles, une réaction sous le coup de la colère selon la défense

Dans l'enquête, rien ne prouve que l'homme prenait des photos du domicile du couple. Les photographies retrouvées dans son appareil ont été étudiées. Les avocats du septuagénaire évoquent une vidéo tronquée, ou l'on ne verrait pas les insultes lancées par le père. Ils lui reprochent d'avoir provoqué l'homme, en lui prêtant de mauvaises intentions, à tort

"On n'a pas voulu le frôler. On a voulu le percuter. C’est ce qui s’est passé." - Me Randall Schwerdorffer

Selon les avocats de la partie civile, la vidéo atteste d'une volonté claire de tuer. "On n'a pas voulu le frôler. On a voulu le percuter. C’est ce qui s’est passé," plaide Me Randall Schwerdorffer. Les parties civiles demandent donc une requalification des faits en "homicide volontaire." 

Les avocats de la défense : Me David de Stefano (à gauche) et Me Damien VARLET (à droite)
Les avocats de la défense : Me David de Stefano (à gauche) et Me Damien VARLET (à droite) © Radio France - Sophie Allemand

Devant les policiers, le septuagénaire s'est défendu : "la colère m'a pris, j'ai fait demi-tour. Je voulais lui faire peur. Sous le coup de la colère on fait des bêtises." Me David de Stefano, l'avocat de ce prévenu absent, se présente comme "son porte voix." Selon lui, son client "admet avoir renversé Mr Adil Sefrioui et il sera jugé pour ça. Mais rien ne prouve le caractère volontaire." 

Le tribunal doit désormais décider s'il requalifie les faits en tentative de meurtre, et renvoie ainsi l'affaire à un juge d'instruction ; ou s'il juge l'affaire sur le fond. L'affaire est mise en délibéré au 6 juillet 2021.

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