Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Agressions, armes et drogue : le ras le bol des surveillants de la maison d'arrêt de Coulaines

jeudi 6 septembre 2018 à 11:12 Par Yann Lastennet, France Bleu Maine

C'est un témoignage qui fait froid dans le dos. Celui d'un surveillant de la maison d'arrêt de Coulaines, près du Mans. Arnaud Bailly y travaille depuis 12 ans. Agressions, armes et drogue, il dénonce l'insécurité grandissante au sein de l'établissement pénitentiaire.

Les surveillants de prison dénoncent l'insécurité grandissante au sein de l'établissement pénitentiaire. Ils demandent plus de protection mais aussi le retour des fouilles systématiques des détenus
Les surveillants de prison dénoncent l'insécurité grandissante au sein de l'établissement pénitentiaire. Ils demandent plus de protection mais aussi le retour des fouilles systématiques des détenus © Maxppp - OLIVIER BLIN

Coulaines, France

C'était le 25 août dernier. Trois colis atterrissent dans la cour de promenade de la maison d'arrêt. A l'intérieur : des scies à métaux. " C'est un phénomène nouveau chez nous" explique Arnaud Bailly, agent pénitentiaire et membre du syndicat Force Ouvrière. " Cela s'est déjà produit dans d'autres prisons. Ces scies à métaux peuvent servir d'outil mais aussi d'armes. je vous laisse imaginer ce que peut donner un coup sur la gorge d'un surveillant puisque nous ne sommes pas protégés, ni équipés de gilets par balle". 

Armes, drogue et agressions

Des scies à métaux mais aussi des armes, de la drogue, des téléphones portables. Il y a en prison un véritable marché parallèle. Des produits  jetés par dessus du mur de l'enceinte de la prison, enveloppés dans des colis ou des balles de tennis. Soit transmis par les familles lors des visites au parloir. " Nous ne pouvons pas intervenir pendant la promenade pour des questions de sécurité. Ensuite, l'article 57 nous interdit les fouilles systématiques" [Les fouilles doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que le comportement des personnes détenues fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement]. "Donc nous devons procéder des fouilles ciblées qui ne sont pas toujours efficaces". Et pour les complices qui jettent les colis depuis l'extérieur ? "Là ce sont les forces de l'ordre qui interviennent mais faute d'effectif, elles ne peuvent pas patrouiller en permanence devant la prison". Du coup, les complices des détenus peuvent lancer leur colis par dessus les murs de la prison à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. 

Les caïds ont pris le pouvoir 

Armes, drogue, téléphones portables. "C'est un vrai supermarché" explique Arnaud Bailly. "On trouve de tout : drogue dure, drogue douce. L'an passé, 40 000 portables ont été saisis dans les prisons françaises. Les caïds exercent des mêmes des pressions sur les détenus les plus faibles. Ils menacent leur familles en leur demandant de faire passer des objets aux prisonniers lors des visites au parloir". Une hiérarchie des détenus s'est établie à l'intérieur de la prison avec ses codes, ses chefs, ses luttes de pouvoir et ses règlements de comptes. " Récemment, on a assisté à ce que j'appelle une guérilla. Un règlement de compte avec des armes artisanales; deux couteaux aiguisés de 20 cm sur le terrain de sport synthétique. Heureusement il n' y a pas eu de blessés chez le personnel pénitentiaire. En revanche un détenu a pris des coups de barres de fer en pleine tête". Pour éviter ces débordements, Arnaud Bailly aimerait que les prisonniers soit mieux répartis dans des établissements adaptés. "Il ne faut pas mélanger des détenus de droit commun avec les plus dangereux".