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Agressions sexuelles à la clinique de Drancy : les accusations se succèdent

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Une semaine après nos révélations sur des affaires de viols à la clinique de Drancy (Seine-Saint-Denis), les appels de salariés affluent à la rédaction de France Bleu Paris. Ils décrivent ce qui s'apparente à un harcèlement systémique, qu'il soit sexuel ou moral.

La clinique du Bois d'Amour, à Drancy (Seine-Saint-Denis), en juillet 2018.
La clinique du Bois d'Amour, à Drancy (Seine-Saint-Denis), en juillet 2018. - capture d'écran Google Street View

La parole se libère après les révélations de France Bleu Paris sur des accusations de viols à la clinique du Bois d’Amour, à Drancy (Seine-Saint-Denis). Depuis nos révélations, le 2 septembre dernier, plusieurs salariées et anciennes salariées nous ont contactés pour témoigner, elles aussi. Si certaines estiment que "tout le monde savait" que les agressions sexuelles étaient courantes dans l'établissement, d'autres se souviennent plutôt de "bruits de couloir" ou de "rumeurs". En tout cas, toutes s'accordent à parler de pressions hiérarchiques, de harcèlement moral, et d'un "climat extrêmement nocif".

L'ancien directeur des soins accusé de harcèlement sexuel

Une salariée vacataire dénonce d'abord des comportements déplacés et répétés du directeur des soins de la clinique, en 2015. Tous les jours, elle a droit à des commentaires : "t'es belle, on voit ta poitrine, tu as une belle culotte, tu peux venir quand tu veux dans mon bureau…" Un jour, alors qu'elle doit justement se rendre dans ce bureau pour signer un énième contrat, il lui aurait fait du chantage à l'emploi.

Tu peux avoir un CDI, tu sais ce qu'il te reste à faire…"

Cette salariée, qui souhaite garder l'anonymat, arrête alors de travailler à la clinique du Bois d'Amour. Mais les pressions continuent. Elle se dit "grillée" dans tout le département de Seine-Saint-Denis et est obligée d'aller travailler à Paris. 

Des pressions régulières de la hiérarchie

Des anciennes salariées ayant contacté France Bleu Paris se souviennent d'un "climat extrêmement nocif" en 2015. "Il se passait des choses anormales", raconte une ancienne infirmière qui souhaite également rester anonyme. Elle se souvient de "bleus" découverts sur les corps de certains patients, et des pressions de sa hiérarchie pour "cacher les maltraitances".  

On nous convoquait dans les bureaux pour nous forcer à réécrire nos rapports"

Elle démissionnera quelques semaines plus tard, comme Karine, la seule de nos témoins qui accepte de donner son nom. Elle, se considérait comme "la maman des jeunes aides-soignantes". Des jeunes femmes qui, à cette époque, "arrivaient en larmes et avec des douleurs abdominales dès le matin". "On était toujours convoqué dans le bureau", se souvient-elle. Karine a alors 47 ans, elle ne dort "que trois heures par nuit" et commence à prendre des anxiolytiques alors qu'elle n'avait jusqu'ici "jamais pris de médicament".  

"Un vrai problème" dans cette clinique

Ces témoignages resurgissent donc après les révélations de France Bleu Paris sur des accusations d'agressions sexuelles dans cette même clinique du Bois d'Amour, à Drancy. Un infirmier est accusé de viol, dans deux affaires différentes, par deux aides-soignantes. La première affaire, classée sans suite, date de 2015, année des autres accusations portées dans cet article. 

"Depuis, rien n'a changé, rien n'a été fait pour nous", estime la salariée vacataire qui accuse le directeur des soins de harcèlement sexuel. En 2019, la deuxième affaire de viol mettant en cause l'infirmier a éclaté, et une nouvelle direction est arrivée. En 2020, un cuisinier aurait agressé sexuellement une aide-soignante. Les enquêtes sont en cours.

La CGT de Drancy regrette "qu'aucun travail de prévention sur les violences faites aux femmes" n'ait été engagé. La direction de la clinique, elle, ne répond toujours pas à nos demandes d'entretien. Elle se contente d'une lettre ouverte sur son site internet, dans laquelle elle répète "qu'un plan d'actions est toujours en cours" et que "des formations sont bien prévues".

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