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Agressions sexuelles sur 19 enfants : cinq ans de prison requis contre l'ancien directeur d'école de Cornier

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

La cour d'appel de Chambéry rendra sa décision le 27 mai dans le procès de l'ancien directeur d'école de Cornier (Haute-Savoie). L'ex-instituteur était jugé pour agressions sexuelles sur 19 enfants. L'avocat général a requis cinq ans de prison dont deux ferme, comme en première instance.

Le chasseur était jugé ce jeudi matin au tribunal de Chambéry en Savoie
Le chasseur était jugé ce jeudi matin au tribunal de Chambéry en Savoie © Radio France -

Cinq ans de prison dont deux ferme. Ce sont les réquisitions de l'avocat général dans le procès de l'ancien directeur d'école maternelle de Cornier (Haute-Savoie), les mêmes qu'en première instance en 2019. Jugé pour agressions sexuelles sur 19 enfants, celui que l'on surnomme "maître Bruno" a clamé jusqu'au bout son innocence. 

"C'est glaçant de le voir sans réaction à ce point-là." - Stéphane, le père de l'une des victimes

ÉCOUTEZ - Le reportage de Valentine Letesse

"C'est une horreur tous ces enfants qui m'accusent. J'entends toute la souffrance des parents mais je n'y suis pour rien du tout", explique devant le juge l'ancien instituteur. Vêtu entièrement de blanc, veste en daim brune sur les épaules, quand il ne répond pas aux questions des juges et des parties civiles, maître Bruno reste immobile sur le banc. Les mains jointes, le regard fixe. La même position, la même expression pendant des heures de plus en plus longues à l'écoute des témoignages des parents. 

ÉCOUTEZ - Le compte rendu du deuxième jour d'audience.

La voix tremblante, les parents de la petite Sophie* racontent aux juges  le procès vue du banc d'en face. "Je ne souhaite même pas à notre pire ennemi ce qu’on vit depuis cinq ans. La souffrance au quotidien. On est à bout". La maman craque. La trentaine de parents dans la salle aussi. Son témoignage fait écho. "Quand j'entends dire qu'on est allé victimiser nos enfants, leur mettre tout ça dans la tête, je ne peux pas l'entendre" répète la mère de famille. Appuyée par deux experts, la défense de Me Sylvain Cormier et de Me Coralie Delhaye se poursuit sur la même ligne : le témoignage de ces petits enfants a été manipulé par le climat "de tension, la psychose des parents" et surtout par l'enquêtrice menant les auditions. "Ce n'est pas arrivé" assène l'avocat de la défense Me Cormier dans sa plaidoirie.

Réquisitions : "À mettre hors d'état de nuire"

"C'est un jeu de massacre" attaque l'avocat général. "On a entendu des sachants qui se sont acharnés, qui ont tiré à boulets rouges" sur les conditions d'audition et les témoignages des enfants. Mais pour le parquet, ce n'est pas "le protocole" de ces auditions d'enfants "le problème". "Le problème fondamental c'est qu'on ne procède pas normalement aux auditions d'enfants de trois ans. Mais dans ce dossier il n'existe pas d'autres moyens d'investigation". L'avocat général abonde dans le sens des parties civiles. 

ÉCOUTEZ - Maître Grimaud, avocate des parties civiles dénonce "un procès de caricature"

À cet âge, "il faut accorder autant d'importance aux réponses de l'enfant, qu'à ces mimiques et à son comportement".  Comme celui de la petite Anna*. Lorsqu'on lui demande à la gendarmerie : où maître Bruno t'as t-il touché ? La petite fille assise sur une chaise, lève d'abord la jambe droite, met une main sous sa fesse, puis lève sa jambe gauche. La description écrite n'est pas suffisante pour les juges, les gendarmes prennent la petite fille en photo. C'est sa réponse à la question.

"Si les enquêteurs ont agi avec une certaine maladresse" reconnait l'avocat général, "le témoignage des parents et le traumatisme constaté chez les enfants, montrent bien qu'ils ont subi quelque chose. Et malgré les années qui s'écoulent, le traumatisme est sans arrêt relié à Bruno". En raison "de la gravité des faits, du traumatisme sans arrêt réactivé par leur quotidien, l'aspect scandaleux du geste sur des enfants incapables de comprendre ce qui leur arrive, de la manipulation classique en invoquant le secret : il est nécessaire de mettre le prévenu hors d'état de nuire". La cour d'appel de Chambéry rendra sa décision dans cette affaire le 27 mai.

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*Les prénoms ont été modifiés.

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