Faits divers – Justice

Air Algérie : un problème de givre sur des capteurs à l'origine du crash de juillet 2014

Par Julie Guesdon, France Bleu samedi 4 avril 2015 à 17:16

Les restes du vol AH5017
Les restes du vol AH5017 © ECPAD

Le bureau d'enquêtes et d'analyses chargé de déterminer les causes de l'accident du vol AH5017 d'Air Algérie dans le nord du Mali en juillet 2014 a publié jeudi dernier les premières conclusions de son enquête. Le crash qui a coûté la vie à 116 personnes, dont 50 Français, serait dû à la présence de givre sur des capteurs. Un incident déjà survenu sur d'autres appareils McDouglas.

Neuf mois après l'accident d'un avion d'Air Algérie, en juillet 2014, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a publié jeudi sur son site les premiers éléments d'enquête autour du crash de l'AH 5017 dans le nord du Mali.

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Un système anti givrage "vraisemblablement" pas activé par l'équipage 

Selon le BEA, l'avion aurait subi une perte d'altitude liée à la présence de givre sur "des capteurs de pression, situés sur le cône de nez des moteurs". Pour les experts, ce givrage n'aurait pas eu lieu si l'équipage avait activé un système anti givre. Ce qui n'a pas été le cas : "L'analyse des données disponibles indique que l'équipage n'a vraisemblablement pas activé ces systèmes au cours de la montée et de la croisière [...] Si le système de protection contre le givrage des moteurs est activé, ces capteurs de pression sont réchauffés par de l'air chaud."

Ces informations erronées transmises par les capteurs ont eu pour conséquence de "limiter la poussée délivrée par les moteurs" , et donc ralentir la vitesse de l'avion, jusqu'à provoquer son décrochage, sans que l'équipage ne puisse manifestement agir : "les paramètres enregistrés indiquent qu'il n'y a pas eu de manoeuvre de récupération du décrochage réalisée par l'équipage".

Le BEA, qui doit publier en décembre son rapport final sur ce crash ayant fait 116 morts, fait part "d'au moins deux événements similaires" en juin 2012 et 2014, liés à un givrage de capteurs sur des appareils McDouglas. Ces événements n'ont pas eu de conséquences graves parce que détectés et corrigés à temps par les équipages.