Faits divers – Justice

Air France : cinq salariés seront jugés pour "violences en réunion"

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 13 octobre 2015 à 16:39

Le siège d'Air France
Le siège d'Air France © Maxppp

Cinq salariés d'Air France ont été déférés devant le parquet de Bobigny mardi, suite aux incidents durant le comité central d'entreprise qui ont fait plusieurs blessés. Ils seront jugés le 2 décembre pour "violences en réunion".

Les cinq salariés d'Air France placés en garde à vue lundi dans le cadre de l'enquête sur les violences du 5 octobre ont été déférés mardi devant un magistrat du parquet et seront jugés le 2 décembre. 

Des membres de la CGT impliqués

Les cinq hommes seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des "faits de violences en réunion ayant entraîné une ITT (incapacité temporaire de travail) n'excédant pas huit jours", a précisé le parquet de Bobigny. Âgés de 35 à 48 ans, quatre sont employés de la branche cargo Air France et un d'Air France Industries. 

Certains ont un mandat syndical à la CGT, selon une source proche du dossier. Ils sont soupçonnés d'avoir eu un rôle actif dans les incidents du 5 octobre suite à l'annonce d'un plan de restructuration impliquant une possible suppression de 2.900 postes, où deux dirigeants d'Air France avaient été molestés et obligés de s'enfuir, chemises arrachées, en escaladant des grilles de l'aéroport. 

Quatorze plaintes déposées

Selon le parquet, quatorze plaintes ont été déposées après ces violences : neuf émanant de vigiles et cinq de cadres de l'entreprise. Une enquête interne à la compagnie a par ailleurs permis d'identifier une dizaine de salariés comme impliqués dans ces violences. Les premières notifications de sanctions, qui pourraient aller jusqu'au licenciement, devaient être envoyées à des salariés en ce début de semaine, selon une source proche du dossier. A Roissy, plusieurs militants syndicaux et salariés de la compagnie continuaient d'occuper la zone de fret, en soutien aux cinq salariés déférés. 

Indignation

Les interpellations, lundi au petit matin, ont continué de susciter l'indignation dans les rangs de la gauche et des syndicats. "Ce qui se passe est proprement scandaleux", a tonné le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, exprimant sa "colère". "Une honte !", s'est emporté Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), tandis que Pierre Laurent (PCF) a jugé que "ces salariés n'ont rien à faire en garde à vue". 

"Il ne s'agit pas de réprimer les libertés syndicales ou l'expression syndicale. Il s'agit de réagir à des actes qui portent préjudice à l'action syndicale", leur a répondu le ministre des Finances Michel Sapin.