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Faits divers - Justice

Alaïs, 19 ans, tuée à Montpellier par son proxénète qu'elle voulait quitter

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Par , France Bleu Hérault

Un homme de 28 ans a été mis en examen après le meurtre d'une jeune femme à Montpellier dans la nuit de dimanche à lundi. Il a reconnu en garde à vue avoir été son proxénète, et l'avoir tuée, car elle souhaitait prendre ses distances avec lui.

L'homme de 28 ans qui a reconnu avoir tué la jeune femme a été mis en examen pour meurtre.
L'homme de 28 ans qui a reconnu avoir tué la jeune femme a été mis en examen pour meurtre. © Radio France - Salah Hamdaoui

Montpellier, France

Les témoins parlent d'un meurtre "sauvage". Alaïs, 19 ans, a été tuée dans la nuit de dimanche à lundi à Montpellier, frappée à de multiples reprises par un homme de 28 ans, qui a déclaré avoir été son proxénète. Le procureur de la République de Montpellier, Fabrice Belargent, a annoncé la mise en examen de ce Biterrois de 28 ans, qui a reconnu les faits en garde à vue.

Le scénario a mis plusieurs jours à se dessiner clairement. La victime est retrouvée inconsciente lundi matin, vers minuit et demi, dans un logement Airbnb. Originaire de région parisienne, elle résidait depuis plusieurs jours dans cet appartement situé rue Aristide Ollivier, près de la gare Saint-Roch. Entre la vie et la mort depuis, elle est finalement décédée mardi dans la soirée.

Une violence insoutenable

Deux hommes présents sur les lieux ont permis de retracer le fil de la soirée. Le client de la jeune femme, et un autre homme, caché dans les toilettes du logement. Ce dernier serait le nouveau protecteur d'Alaïs. Les caméras de vidéosurveillance ont montré qu'ils avaient été suivis jusqu'à l'appartement par deux autres hommes, armés pour l'un d'un couteau et pour l'autre d'une arme de poing. 

Alors que le client s'apprêtait à quitter l'appartement, il est forcé à rester, ainsi que l'homme caché dans la salle de bain, menacés tous les deux par arme à feu. Les deux agresseurs ne veulent s'en prendre qu'à la jeune femme. Ils assistent alors à un véritable "déchaînement de violence", selon les termes du procureur. 

Alaïs est morte après un "déchaînement de violence" selon le procureur Fabrice Belargent

L'homme muni d'un couteau exige de la jeune femme l'argent qu'elle a gagné, en l'étranglant. Elle donne des petites sommes, 100 puis 400 euros. Elle est alors rouée de coups, frappée au visage à coups-de-poing puis de pieds. L'agresseur, son ancien proxénète, lui assène ensuite des coups de couteau au thorax.

Ils laissent la jeune femme inconsciente et prennent la fuite. Lors de la perquisition menée, les policiers découvrent dans la salle de bain une mallette remplie de 10.000 euros en espèce. Entendu, le client de la jeune femme est relâché. L'autre homme avoue a reconnu l’agresseur, un habitant de Béziers surnommé "Jo". 

Extorsion de fonds

Lors de sa garde à vue, "Jo" reconnaît les faits. "Alaïs, je l'ai terminée", explique-t-il aux policiers. Elle avait décidé de prendre ses distances avec lui, un homme trop violent. Il ne l'a pas supporté. Présent auprès d'elle dans le but de lui voler son argent, il parle d'un "pétage de câble", pour expliquer son geste. Il a été mis en examen pour "meurtre", et devrait être poursuivi également pour "proxénétisme aggravé". Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Sa compagne, qui l'avait déposé à l'appartement, est mise en examen pour "complicité d'extorsion de fond". Son complice est lui toujours recherché.

L'autopsie d'Alaïs, réalisée jeudi matin, a révélé une double fracture de la mâchoire, des enfoncements dans le visage, de multiples hématomes au cerveau et des lésions très nombreuses, causes du décès. Son meurtrier avait déjà une quinzaine de condamnations à son actif, pour des délits de rébellion, menaces de mort, consommation de stupéfiants, entre autres. 

Un réseau informel

L'audition de "Jo" a permis de découvrir l'existence d'une sorte de réseau. Trois jeunes femmes, originaires de région parisienne, se prostituent selon le même mode opératoire pour le compte de plusieurs hommes. Elles rencontrent leurs clients via des sites, et les retrouvent dans des appartements loués sur la plateforme Airbnb entre Paris, Montpellier, Béziers et Perpignan. 

"On est sur un groupe un petit peu interlope, précise Fabrice Belargent. C'est des gens qui avaient des relations de couple, qui se fréquentaient, l'un connaissait l'autre. Certains s'étaient rencontrés en prison. Au sens du droit, il s'agit de proxénétisme, mais on n'a pas établi qu'il y avait un réseau structuré de proxénètes".

Un réseau "interlope", selon le procureur de la République de Montpellier, Fabrice Belargent

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