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Faits divers – Justice

Albi : les arrestations de clients de prostitués se multiplient dans le quartier de la gare

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Par , France Bleu Occitanie

Il s’agit en fait de l’application de la loi votée il y a deux ans. Quatre hommes aux profils très différents (mariés pour certains, de tous les âges) ont été arrêtés. Le parquet d’Albi leur a proposé un stage de sensibilisation à "l’achat d’actes sexuels". Une nouveauté pour le Tarn.

Les contrôles ont principalement eu lieu dans le quartier de la gare à Albi.
Les contrôles ont principalement eu lieu dans le quartier de la gare à Albi. © Maxppp -

Albi, France

Quatre clients de prostitués arrêtés à Albi ces dernières semaines. C'est en fait les premières applications la loi d’avril 2016, une loi qui inverse les peines. Le racolage n'est plus pénalisé (le proxénétisme l'est bien-sûr toujours) en revanche le client qui accepte les avances d'une prostituée peut, lui, être désormais poursuivi. 

Les clients arrêtés par la police sont passibles d'une amende de cinquième classe (entre 1500 et 3000 euros). Mais le procureur peut aussi leur proposer un stage. Et c'est ce qu'a décidé le parquet d'Albi qui est en train de mettre en place un stage spécifique pour les auteurs "d'achat d'actes sexuels". Plus simplement c'est un stage de sensibilisation à la prostitution. 

Il ne s’agit pas de les donner en pâture ces hommes à l’opinion publique.

Le procureur de la République d'Albi Alain Berthomieu explique pourquoi il met en place ce stage : "Le parquet privilégie pour le moment l’aspect éducatif en proposant ce stage. Nous avons actuellement quatre cas, parce que la police effectue régulièrement des surveillances. Il n’est pas question de stigmatiser les contrevenants. Il ne s’agit pas de donner en pâture ces hommes à l’opinion publique. Tout ça restera confidentiel. Il s’agit de faire de la prévention. De faire en sorte de lutter contre la traite d’êtres humains qu’est la prostitution. Et il s'agit que la loi s’applique à Albi comme ailleurs."  

Le procureur de la République d'Albi Alain Berthomieu

Avant de s'attaquer aux clients, les policiers d’Albi ont d'abord commencé par faire venir la police aux frontières de Toulouse pour vérifier que les prostitués étaient bien en règle. Elles l'étaient pour la plupart. Des africaines avec des papiers espagnols peut-être fournis par une filière. Et donc ces dernières semaines quatre clients ont été arrêtés. Quatre clients qui vont suivre un stage en deux volets. Avec tout d’abord le côté humain : respects des femmes, tout ce qui touche au réseau, à la traite des êtres humains. Le parquet abordera ensuite le volet sanction avec notamment les peines qu'encourent ces hommes en cas de récidive. 

Le client plus rare 

En tout cas, sur le terrain, dans le quartier de la gare où les prostitués se retrouvent le plus à Albi, les femmes ont vraiment compris qu'il se passait quelque chose. Toutes estiment que ces derniers semaines, il y a vraiment moins de monde. Les hommes se font plus rares. 

Rare mais encore là. Dès 21h30, les premières voitures commencent leur manège. Les clients rencontrés confirment qu'ils ont entendus parler des arrestations mais qu'ils "n'ont pas peur" et "n’ont rien à se reprocher". "C'est dommage" insiste un quinquagénaire "mais de toute façon, si on ne peut plus venir, en allant sur internet pour la ville d'Albi on trouve facilement 200 numéros de filles.

L'association l'amicale du Nid basée à Toulouse - qui lutte contre les causes et les conséquences de la prostitution- a refusé de faire ces stages car elle estime qu'elle ne peut être des deux côtés, celui du client et celui des prostitués. Le CIDFF (Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles) va assurer ses sessions.