Faits divers – Justice

Alcool au volant : un procès douloureux devant le tribunal de Nantes

Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan et France Bleu vendredi 27 janvier 2017 à 5:30

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Maxppp -

En octobre 2015 sur une départementale à Joué-sur-Erdre (44), une mère de famille de 37 ans alcoolisée a tué une autre mère de famille âgée de 60 ans. L'audience qui s'est tenue ce jeudi à Nantes a démontré que les familles sont dévastées, aussi bien du côté de la victime que du côté du chauffard.

Des vies "déglinguées, fracassées, brisées". Les adjectifs sont employés tout à tour par Loïc Cabioch, l'avocat de la famille de la victime puis par Stéphane Marchais, l'avocat de l'automobiliste responsable de l'accident mortel.

Survivante, cette femme aujourd'hui âgée de 39 ans est marquée psychologiquement, rongée par la culpabilité. Elle est marquée aussi physiquement : hémiplégique, le corps en miettes, toujours hospitalisée 15 mois après les faits, elle se déplace avec un déambulateur et ne peut plus parler normalement.

Que la mort de sa femme ne soit pas un fait divers ordinaire

La famille de l'automobiliste tuée est elle aussi dévastée. Son époux vient raconter au tribunal les nuits sans sommeil, l'appétit perdu, l'envie de se suicider, l'obligation de cesser de travailler faute de concentration suffisante. L'époux partie civile dénonce une criminalité ordinaire. Il se demande pourquoi des anti-démarrages en cas d'alcoolémie du conducteur ne sont pas installés dans les véhicules. Il souhaiterait que la mort de sa femme ne tombe pas dans les oubliettes, qu'elle ne soit pas un fait divers ordinaire.

Le procureur rappelle les chiffres catastrophiques de la sécurité routière et la nécessité de réprimer et d'informer : 17 000 morts sur les routes de France en 1976, 3400 aujourd'hui. Il requiert deux ans de prison avec sursis. Le délibéré sera rendu le 9 février.