Faits divers – Justice

Alexandra Lange, acquittée pour le meurtre de son mari, soutient Jacqueline Sauvage

Par Eric Turpin et Cécile Bidault, France Bleu Nord et France Bleu vendredi 29 janvier 2016 à 11:19

Alexandra Lange, acquittée du meurtre de son mari violent en 2012
Alexandra Lange, acquittée du meurtre de son mari violent en 2012 © Maxppp - Humberto de Oliveira

Alexandra Lange, victime de violences conjugales, a été acquittée en 2012 du meurtre de son mari. La justice avait retenu pour elle la légitime défense. Elle estime que François Hollande doit gracier Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari violent.

Alexandra Lange se sent très proche de Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent. Cette jeune femme originaire de Douai, battue elle aussi, a tué son mari mais elle a été acquittée par la cours d'assises du Nord en 2012. 

Alexandra Lange l'a dit lors de son procès « c'était lui ou moi ». Après 12 ans de calvaire terminé par le meurtre de son mari, puis par un acquittement, la jeune femme est devenue un symbole, elle a écrit un livre, son histoire fait l'objet d'un film. Alors aujourd'hui, quand on lui demande si le président de la République doit gracier Jacqueline Sauvage.

Elle n'a fait que riposter 

« bien sûr que oui. Même un Oui avec une majuscule », déclare Alexandra Lange sur France Bleu Nord. « Ils n'ont pas reconnu Jacqueline comme étant une victime. Ils la considèrent comme une criminelle. Elle n'a fait que riposter à toutes ces attaques pendant 47 ans. Ils auraient préféré quoi ? Qu'elle fasse partie des femmes qui meurent chaque année sous les coups des maris violents »

Alexandra Lange demande à François Hollande de gracier Jacqueline Sauvage

Pour Alexandra Lange, la légitime défense avait été retenue, mais pas pour Jacqueline Sauvage, car elle avait pris le temps de saisir une arme, de se diriger vers son mari et de lui tirer dans le dos. 

Permis de vivre

Une différence de traitement qui choque Nathalise Tomasini, avocate des deux femmes. : « Elles étaient en danger de mort. Le danger de mort est permanent. Donc la légitime défense est permanente. Alors je dis que c'est un permis de vivre mais pas un permis de tuer », explique-t-elle. 

L'avocate demande donc une évolution de la loi, pour que la femme victime de violences conjugales soit considérée d'emblée en état de légitime défense si elle doit répondre de tels actes devant la justice, comme c'est déjà le cas au Canada.

A LIRE AUSSICinq dates pour comprendre l'affaire Jacqueline Sauvage