Faits divers – Justice

Accueil des réfugiés à Allex : manifestation du Front national et contre-manifestation dans le village

Par Tommy Cattaneo, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu dimanche 11 septembre 2016 à 11:06

Le cortège du Front National en chemin vers la mairie d'Allex, où les attendaient les contre-manifestants.
Le cortège du Front National en chemin vers la mairie d'Allex, où les attendaient les contre-manifestants. © Radio France - Tommy Cattaneo

Fin d'après-midi tendue ce samedi à Allex, dans la Drôme. Une manifestation contre l’accueil de réfugiés sur la commune était organisée par le Front National. Il y avait aussi une contre-manifestation, à l’initiative du collectif Nuit debout. Les deux cortèges se sont fait face devant la mairie.

L'accueil imminent de réfugiés à Allex, dans la Drôme, cristallise les tensions. Samedi après-midi, le Front national du département organisait une manifestation contre le projet. Un cinquantaine de réfugiés doivent arriver prochainement dans le Château de Pergaud. En face, une contre-manifestation avait aussi lieu à l'initiative du collectif Nuit debout. Les "pour" et les "contre" étaient environ 150 de chaque côtés. Ils se sont retrouvés devant la mairie, séparés par une dizaine de gendarmes devant chaque cortège.

L'accueil de ces réfugiés divise dans la commune. "Je pense qu'avant d'aider ces gens-là, il faudrait d'abord aider nos Français", lâche Pierrette, une habitante d'Allex qui défile avec le Front national. "Ils vont arriver en masse et après c'est nous qui allons partir, ce sera nous les migrants."

"On a pas envie que nos villages deviennent des petits Calais" - Laure Pellier, secrétaire départementale du FN de la Drôme.

La section drômoise du FN se défend de toute récupération politique, mais la question des réfugiés est un thème cher au parti d'extrême droite. "Nous irons dans toutes les villes et les villages où des migrants pourraient être installés", explique Laure Pellier, la secrétaire départementale du FN de la Drôme. "On a pas envie que nos villages et nos campagnes deviennent des petits Calais" ajoute-t-elle.

L'ambiance était donc tendue devant la mairie. Il n'y a pas eu de débordement mais les deux camps se sont affrontés à grands coups de slogans.

Le village d'Allex ne va pas accueillir des milliers de réfugiés, ils seront environ 50 dans un premier temps. "Je ne comprends pas les gens qui invoquent Calais", confie Thomas, qui fait partie de la contre-manifestation. "Au contraire, en installant des gens sur tout le territoire, on va éviter qu'il y ait des Calais qui se reproduisent."

"Ils ne viennent pas ici pour voler et tuer" - Julien, dans le cortège de la contre-manifestation.

Mais l'arrivée des réfugiés fait peur, bien au-delà des limites du village. "Forcement à la télé on ne les voit que sous un mauvais jours" regrette Julien, favorable à l'accueil des réfugiés sur sa commune. "Ils fuient la guerre, ils ne viennent pas ici pour voler et tuer"' enchaîne le jeune homme de 19 ans.

Le maire d'Allex veut un référendum pour demander l'avis des habitants. Il va soumettre l'idée mardi au vote du conseil municipal. Mais le préfet de la Drôme a déjà pris sa décision : il y aura bien des réfugiés à Allex. Il a aussi fait savoir qu'un référendum n'aurait de toute façon aucune valeur légale.