Faits divers – Justice

Alliance 33, des bénévoles à l'écoute des patients en fin de vie

France Bleu Gironde mercredi 11 juin 2014 à 7:45

A l'écoute des personnes en fin de vie
A l'écoute des personnes en fin de vie © MaxPPP

A l'heure où s'ouvre le procès du docteur Nicolas Bonnemaison à Pau, gros plan sur une association qui aide et soutient les personnes gravement malades. Alliance 33 regroupe une soixantaine de bénévoles qui une demi-journée par semaine, vont à la rencontre des patients en fin de vie.

L'ouverture devant les assises des Pyrénées Atlantiques, à Pau, du procès du Docteur Bonnemaison, rouvre le débat sur la prise en charge des personnes en fin de vie. La loi LéonettI, qui a été adoptée il y a 9 ans, interdit l'acharnement thérapeutique, et a instauré un droit au laisser mourir sous certaines conditions.

En Gironde, existe une association, dont les membres vont à la rencontre des personnes gravement malades. La soixantaine de bénévoles d'Alliance 33 interviennent à la demande des équipes de soins palliatifs, et avec l'accord des interessés, soit au domicile de ces personnes, soit dans les unités spécialisées des hôpitaux.

"Notre rôle est d'être à l'écoute des personnes malades, pour qu'elles puissent exprimer ce que parfois, elles ne peuvent pas exprimer aux soignants ou à leurs familles, de peur de les blesser ou de les inquiéter". — Roger Sahun, bénévole à Alliance 33

Roger Sahun est bénévole depuis 10 ans au sein de cet association. Il avoue que sur le millier de personnes malades côtoyées, seules deux ont exprimé leur désir devant lui d'en finir.

"Une dame m'a dit un jour : j'ai cru lire sur le visage de mon mari un rictus de dégoût. Elle avait le sentiment de ne plus être digne dans le regard de son époux. Nous en avons parlé à l'équipe soignante, et après un traitement adapté, cette dame a pu vivre quelques mois de plus, avec encore quelques fous rires et quelques éclats de rire".

Pour ce bénévole, la loi Léonetti est suffisante.

"Cette loi répond à mon avis à tous les griefs de ceux qui sont pour la légalisation de l'euthanasie. IL y a dans cette loi tout ce qu'il faut pour éviter que ces personnes ne souffrent. La sédation, ce n'est pas une euthanasie hypocrite, c'est simplement permettre à la personne de  ne pas souffrir , tout en étant présente jusqu'au dernier moment".

Roger Sahun estime que nombre de médecins ne connaissent pas encore suffisamment les termes de cette loi, et notamment le fait que l'acharnement "déraisonnable" est hors-la-loi.

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"On entend parfois qu'ils ont assez de souffrir"