Faits divers – Justice

Cinq ans de prison requis contre l'amateur de tir, jugé pour la mort d'un retraité qui taillait sa haie

Par Romain Dézèque, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu mardi 10 janvier 2017 à 9:03 Mis à jour le mercredi 11 janvier 2017 à 8:24

La carabine qui a tué le retraité présentée comme pièce à conviction.
La carabine qui a tué le retraité présentée comme pièce à conviction. © Radio France

L’auteur présumé du tir mortel contre un retraité d’Armoy (74) comparaissait ce mardi devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, après la mort accidentelle d'un retraité qui taillait sa haie. Le parquet a requis cinq ans de prison ferme. Jugement le 14 février.

Le parquet de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a requis ce mardi cinq ans de prison ferme, la peine maximale, pour le tireur d’Armoy jugé pour homicide involontaire.
Cet après-midi du 14 mai 2012, à Armoy, en Haute-Savoie, Marcel Desbiolles taille la haie de son jardin. Une détonation et il s’écroule. Atteint par une balle au thorax, il meurt quelques jours plus tard à l’hôpital d’Annecy. Les expertises balistiques démontrent que le tireur se trouvait à une quarantaine de mètres de la victime et qu’il a utilisé une carabine de chasse ou de tir sportif.

Il aurait vu la victime s'écrouler, et ne lui a pas porté secours

Plus d'un an après, en octobre 2013, un employé des Eaux d’Évian, habitant de Bellevaux, est placé en garde à vue. Amateur de tir sur cible, l’homme reconnaît avoir essayé son arme dans les bois. Il est accusé d’homicide involontaire par violation délibérée d’une obligation de sécurité en faisant usage d’une arme à feu à portée dangereuse d’habitations. Fait aggravant, selon l’enquête, il aurait vu sa victime s’écrouler sans lui porter assistance ni alerter les secours.

"Réquisitions excessives ", pour l'avocat de la défense

À l'audience, ce mardi, le prévenu a été longuement questionné sur les différentes versions des faits qu’il a données, sur l’arme équipée d’un silencieux et d’une lunette, sur la munition expansive, mortelle, et aussi sur le choix du lieu près des habitations. Le tireur affirme " ne pas avoir voulu tuer sa victime ". "Menteur ! ", s'indigne un proche de la victime. Le président du tribunal a dû recadrer l'audience à plusieurs reprises menaçant d’évacuer le public. "Les réquisitions de madame la procureure apparaissent excessives, dit l'avocat de la défense Me Christophe Cottet-Bretonnier, au regard du caractère involontaire de l'infraction".

"Il ne peut pas ne pas savoir ", pour l'avocat de la famille de la victime

Pour le défenseur de la famille de la victime, le tireur avait pris tous les risques: "Il est dans une zone résidentielle, il ne peut pas ne pas voir qu'il y a des maisons, il ne peut pas ne pas savoir qu'il y a une, voire deux routes, qui le séparent et malgré tout il tire", explique Me Rimondi.

Le parquet a requis la peine maximale prévue, cinq années de prison ferme, assortie d'une interdiction de cinq années de port d'arme. Le tribunal rendra sa décision le 14 février prochain.