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Faits divers – Justice

Amiante à Arjuzanx : 19 ans après avoir été saisie, la justice prononce un non-lieu

jeudi 7 décembre 2017 à 18:15 Par Renaud Biondi-Maugey, France Bleu Gascogne

Après près de 20 ans d'instruction, la justice vient de prononcer un non-lieu dans l'affaire de l'amiante à l'ex-centrale électrique d'Arjuzanx (Landes). Les victimes, des anciens salariés, souhaitaient que les responsables soient punis lors d'un procès pénal.

Les victimes d'Arjuzanx avaient déposé plainte en 1998
Les victimes d'Arjuzanx avaient déposé plainte en 1998 © Maxppp - Richard Villalon

Arjuzanx, France

C'est une immense désillusion pour les victimes de l'amiante à l'ancienne centrale électrique d'Arjuzanx (Landes) : après près de 20 ans d'instruction, la justice vient de prononcer un non-lieu dans cette affaire, estimant qu'il est impossible de trouver des responsables. "Après deux décennies, c'est incompréhensible, on est abasourdis" dénonce sur France Bleu Gascogne Jean-Claude Dumartin, ancien salarié de la centrale et infatigable défenseur des ex-salariés, exposés à de l'amiante pendant des années à l'intérieur de la centrale. 

Plainte déposée en 1998

Si les ex-salariés victimes de l'amiante à Arjuzanx ont déjà pu obtenir des indemnisations au civil ou aux prud'hommes ces dernières années, ils avaient aussi déposé une plainte en 1998, au pénal, pour que des responsables soient punis. Ils visaient des dirigeants de la centrale EDF mais également des élus, des hauts fonctionnaires, des ministres, qui n'ont pas à l'époque interdit l'amiante alors que l'on savait qu'elle provoquait des cancers. 

"On a importé de l'amiante en France, des milliers et des milliers de tonnes, alors que dans le même temps certains pays l'interdisaient. En France, on a été l'un des derniers pays à interdire l'amiante, en 1997. Alors, des responsables, il doit bien y en avoir, dénonce Jean-Claude Dumartin. De dire maintenant que c'est la faute à personne, ce n'est pas normal."

Près de vingt ans pour instruire cette affaire, c'est inacceptable

La plainte avait été déposée par les victimes landaises le 17 avril 1998, puis traitée à partir de 2003 par le pôle judiciaire de santé publique du tribunal de grande instance de Paris, lequel a fini le 23 octobre 2017 par prononcer un non-lieu. "Près de vingt ans pour instruire cette affaire, c'est inacceptable" déplore maître Michel Ledoux, l'avocat des victimes d'Arjuzanx. Selon lui, si la justice prononce aujourd'hui un non-lieu, c'est parce que les éventuels responsables sont maintenant décédés.

Comme elles en ont le droit, les victimes d'Arjuzanx ont fait appel de ce non-lieu, mais se font peu d'illusion sur l'issue de la procédure.

Trente deux morts à Arjuzanx à cause de l'amiante  

Jean-Claude Dumartin estime qu'au moins 125 ex-salariés d'Arjuzanx sont victimes de l'amiante, dont 39 sont aujourd'hui décédés

Au niveau national, d'autres salariés victimes de l'amiante ont également déposé des plaintes dans les années 90 pour tenter de faire condamner des responsables. Mais à ce jour aucun procès pénal de l'amiante ne s'est encore tenu en France.