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Faits divers – Justice

Amiante : la longue attente des Carel et Fouché au Mans

vendredi 3 mars 2017 à 17:01 Par Marie Mutricy, France Bleu Maine

Les anciens salariés de Carel et Fouché seront fixés le 9 juin prochain. Le conseil des prud'hommes n'avait pu se départager en septembre 2016, c'est donc désormais à un 5e juge départiteur de trancher. Et ce n'est que le début d'un long combat judiciaire.

Les salariés exposés à l'amiante voient leur espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne.
Les salariés exposés à l'amiante voient leur espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne. © Maxppp - Stéphane Lartigue

Le Mans, France

Les anciens salariés de l'usine de fabrication de voitures de chemin de fer Carel et Fouché vont encore attendre trois mois pour connaître, le 9 juin, la décision des prud'hommes. Après des mois de procédure, le conseil avait décidé en septembre que l'affaire devrait faire l'objet d'une nouvelle audience. Cent-quarante anciens salariés de cette société mancelle fermée à la fin des années 80 avaient saisi le tribunal des prud'hommes pour demander compensation du "préjudice d'anxiété lié à l'amiante", c'est à dire le fait de vivre dans la crainte de tomber malade à cause de leur exposition à ce matériau cancérigène, pendant des années, sur leur lieu de travail. Un très long combat judiciaire car dans ces affaires, les appels et recours sont nombreux.

A LIRE AUSSI - Le préjudice d'anxieté, qu'est-ce que c'est ?

"On ira jusqu'au bout"

"Si on gagne, Alstom fera appel, si on perd, on fera appel. Donc on repartira pour un épisode, sans aucun doute. Et jusqu'à épuisement, explique Guy Aubier, ancien salarié et syndicaliste chez Carel et Fouché. Vous savez qu'aujourd'hui il y a des gars qui étaient là, la fois dernière et qui n'était pas [à l'audience vendredi] parce qu'ils sont morts". C'est ça le préjudice d’anxiété. Vivre avec l'angoisse de tomber malade. En moyenne, les salariés en contact avec l'amiante ont une espérance de vie réduite de 10 ans...

C'est pas des grands mots, parce que quand ça arrive, ça arrive. J'ai eu beaucoup de copains qui ont eu le cancer du poumon. Moi je passe tous les ans [des examens] pour les poumons" - Roger, 22 ans chez Carel et Fouché

Alstom dit n'avoir "rien à voir"

Pour les salariés, Alstom est responsable. Carel et Fouché était une filiale de filiale, in fine, c'est l'employeur principal qui devrait supporter les dommages et intérêts réclamés, car la société mancelle a été liquidée. Mais le géant du ferroviaire nie. Lors de l'audience l'avocate de l'entreprise démontre longuement qu'Alstom n'aurait eu aucun lien avec les 140 salariés manceaux. Le juge départiteur des prud'hommes devra aussi se prononcer sur la prescription des faits.