Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Amiens : selon l’expertise, le chauffeur du bus Nemo qui a tué une piétonne utilisait son téléphone portable

-
Par , France Bleu Picardie

C’est l’hypothèse avancée par le rapport d’expertise. Le procureur a demandé 16 mois de prison dont quatre fermes. La décision sera rendue le 19 mars.

L'accident s'est déroulé sur cette voie de bus de l'avenue du Général-de-Gaulle.
L'accident s'est déroulé sur cette voie de bus de l'avenue du Général-de-Gaulle. © Radio France - Thomas Coignac

L’accident avait beaucoup de bruit à l’époque : le 28 juin 2019, une mère de famille de 38 ans a été mortellement percutée par un bus électrique Nemo à Amiens Nord, près de la Citadelle.  Stéphanie, la victime, est morte à son arrivée à l'hôpital. Elle avait quatre enfants. Le procès du conducteur pour homicide involontaire devait avoir lieu en novembre : il avait été reporté dans l'attente d'expertises complémentaires, notamment pour savoir si le conducteur utilisait son téléphone portable au moment de l'accident.

Le répondeur téléphonique du conducteur appelé à l’heure de l’accident 

L’expertise ne va pas dans les sens des déclarations du chauffeur de bus, un homme de 45 ans. Elle évoque une visibilité optimale : il faisait très beau le jour l'accident. Et l'avenue du Général de Gaulle est une longue ligne droite sur laquelle les bus ont des voies réservées. Les conditions de circulation ne posaient donc pas de difficultés.

L'expertise pointe ensuite la vitesse "anormalement basse" du bus : environ 25 km/h sur une route limitée à 50. Pour l’expert, cela montre que l'attention du conducteur était focalisée sur autre chose, en l'occurrence sur son téléphone. Ce que semble accréditer l'analyse des communications du chauffeur : un appel a été passé vers sa boite vocale à 11h59, à l'heure de la collision. Un coup de fil pour écouter un message de son opticien qui lui annonçait que les lunettes de son fils étaient prêtes.

Un comportement inadmissible pour Maître Messaouda Yahiaoui, l'avocate des quatre enfants de la victime, de son conjoint et de son beau-frère : « C’est contraire au principe même d’être un chauffeur de bus, avec des vies entières sous sa responsabilité. Aucun SMS, aucun, n’appel téléphonique ne doit prendre le dessus sur une vie humaine. Il n’y avait pas d’urgence à répondre. »

L’expertise est contestée par Maître Arnaud Godreuil, l’avocat du chauffeur de bus : il évoque un manque de d’exactitude et de « preuves tangibles ».

« Tout s’est joué en une fraction de secondes ».

"Un dossier bien triste" selon les mots du président du tribunal, qui a un peu de mal à faire émerger les explications du chauffeur. L’homme reconnait avoir eu son téléphone sur les genoux mais il nie avoir appelé son répondeur et ne sait « pas comment cet appel s'est déclenché ».

Le président continue à le questionner : s'il était effectivement concentré sur la route, pourquoi n'a-t-il pas vu Stéphanie traverser ? Et pourquoi n'a-t-il pas utilisé le gong, l'avertisseur sonore ? Le conducteur affirme qu’il ne pensait pas qu'elle  traverserait et que « tout s’est joué en une fraction de secondes ».

Le procureur a demandé seize mois de prison dont quatre ferme et un suspension de son permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant six mois. La décision sera rendue le 19 mars.

Le chauffeur de bus a été licencié par la société Kéolis à l’automne dernier.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu