Faits divers – Justice

Amputé par un train à Caen : deux agents SNCF mis en cause

Par Francis Gaugain, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) mercredi 2 juillet 2014 à 12:02

Un TER à l'entrée de la gare de Caen
Un TER à l'entrée de la gare de Caen © Eric Turpin - Radio France

Le directeur de la gare de Caen et un agent de quai de la SNCF ont été mis en examen ce mardi à la suite d'un accident survenu le 4 juin dernier. Un homme avait été amputé des deux jambes alors qu'il s'apprêtait à monter à bord d'un train.

Au départ du train de 10h30, le 4 juin dernier en direction de Paris : un homme de 67 ans qui tente  de monter à bord.  Le convoi roule au ralenti. Ce passager parvient à monter sur le marche-pied du wagon mais en tentant d'ouvrir la porte il tombe sous la rame. 

Les deux jambes sectionnées

Une jambe est  sectionnée sur le coup. La deuxième est  broyée par le train. La victime doit être amputée sur place. Depuis près d'un mois, l'homme est à l'hôpital, plongé dans un coma artificiel. Il n'a donc pas pu être entendu par les enquêteurs.

Deux mises en examen

L'agent de quai, en poste ce matin-là, a été mis en examen "pour blessures involontaires par manquement délibéré à une obligation de sécurité ". La justice se base pour cela sur une bande vidéo qui filme le quai. Mais sur l'image  on y voit le cheminot, de dos, agiter les bras et rien d'autre. Le  directeur d'établissement (anciennement chef de gare) est poursuivi, lui , pour subornation de témoin. Il n'aurait pas fourni une autre vidéo dont il était en possession aux enquêteurs. Ces derniers l'auraient  appris suite à une dénonciation.

Vétusté du matériel ?

La CGT a décidé d'assurer la défense de l'agent. Le syndicat précise que la sécurité au départ des trains en gare de Caen est assurée aujourd'hui par un seul agent contre trois il n'y a pas si longtemps. La CGT dénonce la "vétusté du matériel ". Un train aujourd'hui ne peut, en principe,  pas rouler si les portes ne sont pas fermées. Ce qui ne serait  pas le cas des intercités en service sur le Cherbourg-Caen-Paris. Dans cette affaire l'agent de la SNCF encourt  cinq ans de prison ; le chef de gare, trois ans.