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Faits divers – Justice

Cinq ans de prison avec sursis pour le bijoutier niçois Stéphan Turk

jeudi 31 mai 2018 à 20:58 Par Marion Chantreau, France Bleu Azur et France Bleu

Le verdict de la cour d'Assises des Alpes-Maritimes est tombé après 4 jours de procès, Stéphan Turk, bijoutier niçois qui avait tué son braqueur le 11 septembre 2013, a été condamné à 5 ans de prison avec sursis pour violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Stephan Turk
Stephan Turk © Maxppp - Frantz Bouton

Nice, France

Ce n'était finalement pas le procès de la légitime défense. Au terme de quatre jours d'audience devant la cour d'Assises des Alpes-Maritimes, le bijoutier niçois Stephan Turk n'a pas réussi à convaincre les jurés qu'il était directement menacé par un des braqueurs qui prenait la fuite à scooter. 

L'intention d'homicide n'est pas retenue 

Sa version selon laquelle Anthony Asli l'aurait visé avec un fusil à pompes, suite au braquage violent de son commerce, n'a pas été retenue. Aucun témoin, aucune caméra de vidéosurveillance, ni aucun expert n'ont pu le prouver. "La victime qui a reçu une balle dans l'omoplate tournait le dos à Stéfan Turk quand il a tiré et il est impossible qu'elle se soit retournée", a dit le président de la cour d'Assises Patrick Véron pour motiver le verdict. Le principe de la légitime défense a donc été écarté. 

Mais le bijoutier ne va pas en prison. Stéphan Turk n'est pas condamné pour homicide volontaire, "il n'a pas volontairement donné la mort à ce jeune-homme de 19 ans", explique le président de la cour d'Assises Partick Véron. 

Il précise que le deuxième coup de feu tiré par le commerçant, celui qui a été fatal, a été tiré "dans un temps extrêmement bref "par rapport au premier qui a touché le pot d'échappement, il y a donc "un doute quant à l'intention homicide". C'est donc la qualification de "violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner" qui a été retenue pour condamner Stéphan Turk ce jeudi soir. 

Il est également reconnu coupable de détention illégale d'arme et a l'interdiction de porter une arme durant 5 ans. 

Ce verdict "a la couleur d'un acquittement" pour la défense 

L'avocat de Stéphan Turk, Franck De Vita, explique que son client est satisfait. "Il a compris qu'il n'était pas un meurtrier, qu'il ne partirait pas en détention et pour cet homme simple c'est très important". La légitime défense n'a pas été retenue, "pourtant StéfanTurk considère que ces braqueurs étaient venus l'agresser, le voler, le menacer et qu'il était en position de se défendre." Franck De Vita ajoute que le verdict a toutefois "la couleur d'un acquittement, c'est une peine symbolique, comme l'avait requis le ministère public". 

Dans son réquisitoire, l'avocate générale Caroline Chassain avait requis cinq ans de prison avec sursis pour homicide volontaire, rejetant l'excuse de légitime défense, mais appelant les jurés à retenir les circonstances atténuantes de l'agression extrêmement violente vécue par Stéphan Turk. "Une peine qui amènera la paix" avait-elle dit.

Les parties civiles se félicitent que la légitime défense soit écartée

Pour un des avocats des parties civiles, maître Philippe Soussi, il y a matière à satisfaction dans ce verdict : la légitime défense n'a pas été reconnue. "Ce que je retiens c'est qu'on a fait de ce dossier le symbole de la légitime défense, alors que c'en était le contre-exemple absolu", dit-il. "La famille de la victime aura besoin de temps pour comprendre ce verdict, la peine, et le fait que l'intention de donner la mort ne soit pas retenue," ajoute la défense.

Les avocats de la partie civile, qui dans leurs plaidoiries se sont appliqués à démontrer l'absence de légitime défense, et ont souligné les passions nauséabondes que cette affaire avait suscité sur les réseaux sociaux, se disent satisfaits que "dans une société civilisée, le jury ait reconnu qu'il n'y a pas de place pour la vengeance privée, l'autodéfense, ou la légitime défense des biens."