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Faits divers – Justice

Après avoir tué sa femme parce qu'il se disait victime de violences conjugales, il écope de 15 ans ferme

jeudi 30 novembre 2017 à 5:27 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Un marin-pêcheur de Sète a été condamné ce mercredi par la cour d'assises de l'Hérault à 15 ans de prison ferme pour le meurtre de sa femme. En septembre 2015, il l'a étranglée alors qu'elle était enceinte. Pendant les trois jours de procès, il a expliqué qu'il était victime de violences conjugales.

15 ans de prison ferme pour avoir étranglé sa femme enceinte
15 ans de prison ferme pour avoir étranglé sa femme enceinte © Radio France - Salah Hamdaoui

Sète, France

La cour d'assises de l'Hérault a condamné ce mercredi à 15 ans de réclusion criminelle un marin-pêcheur de Sète à qui était jugé pour le meurtre de sa femme, alors âgée de 28 ans. Aucune des parties ne fera appel de ce verdict mesuré.

Il l'a étranglée, le 7 septembre 2015, alors qu'elle était enceinte de quatre mois d'une petite fille.

Pendant les trois jours de procès, Abderrahim Arab, 35 ans, a expliqué qu'il avait commis l'irréparable parce que Ouassima le maltraitait depuis plusieurs années, qu'il était victime de violences conjugales.

Privé du mariage de son frère jumeau

D'après ce qu'il a raconté, elle lui avait confisqué les clefs de l'appartement, l'obligeant parfois à dormir dehors, son téléphone portable, et même ses papiers. Depuis leur mariage, en 2010, il n'a jamais pu aller au Maroc rendre visite à sa famille, ce qui l'a empêché par exemple d'assister au mariage de son frère jumeau.

Après avoir délibéré pendant deux heures, les jurés ont finalement suivi les réquisitions de l'avocat général. Selon Laurent Bebon, cette affaire est l"histoire d'un échec conjugal complet.

"D'agneau, il est devenu loup"

Un naufrage au cours duquel les insultes ont remplacé peu à peu les déclarations d'amour et au cours duquel l'épouse est devenue odieuse, blessante, "une mégère que son mari n'a pas su apprivoiser".

Après la naissance de leur premier enfant, un fils, elle a éprouvé de l'indifférence, puis de l"animosité et enfin de la haine pour cet "homme passif, ce poids mort, cet homme faible".

Il a suffit d'une étincelle selon l'avocat général, d'une vexation de plus, pour que ce mari devienne un meurtrier. Toutes les rancunes et les rancœurs accumulées pendant des mois l’ont fait sortir de ses gonds. "D'agneau, il est devenu loup" , et dans un accès de colère il a pris deux vies: celle de sa femme et celle de l'enfant qu'elle portait. Deux circonstances aggravantes qui peuvent valoir la perpétuité.

Et si ça avait été une femme à la place de cet homme ?

"Vous le déclarerez coupable des faits qui lui sont reprochés" a tenu a préciser d'emblée Me David Chaigneau, un des avocats de la défense s'adressant aux jurés lors de sa plaidoirie. Son client reconnait le crime alors le débat, dit-il, est ailleurs: comment a-t-il pu commettre l'irréparable?

Sa consœur, Me Iris Christol, elle aussi en défense, apporte une réponse : "le détonateur, c'est le trop-plein". Elle propose aux jurés de faire preuve d'imagination en leur demandant d'inverser le sexe des protagonistes de cette affaire.

Immonde et indigne !

"Quel regard auriez-vous porté sur une femme dans le box des accusés ? Si elle avait du faire 5 km à pied la nuit pour aller travailler, sans téléphone, sans les clefs de chez elle, sans argent alors que c'est sa paye qui faisait vivre le ménage. Quel regard auriez-vous porté si elle avait du dormir dans un cagibi ?"

Pour Me Christol, ça ne fait aucun doute : "vous auriez dit, c'est immonde et c'est indigne !" Conclusion, cet homme a été maltraité et "ce n''est pas parce que c'est un homme qu'il ne peut pas être victime de violences psychiques."

Le fils du meurtrier de sa mère

Dans le camp de la partie civile, Me Mathieu Montfort a une seule certitude. C'est Ouassima, la victime, qui a été tuée. Frappée puis étranglée, "voilà pourquoi on est là". L'avocat de la famille a une pensée pour le garçon de 6 ans, "fils du meurtrier de sa mère" qui va devoir se reconstruire sur un champ de ruines.

Les derniers mots du condamné sont justement allés à cette famille, à qui il a demandé pardon.