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Faits divers – Justice

Après la mort de Steve, faut-il davantage sécuriser les bords de Loire à Nantes ?

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Après la découverte du corps de Steve Maia Caniço, disparu depuis la fête de la musique du 21 juin dernier à Nantes, la municipalité va être interrogée par les enquêteurs. Ils se pencheront notamment sur la sécurisation des bords de Loire.

Les quais à Nantes (ici le quai des Antilles) sont majoritairement équipés de garde-corps.
Les quais à Nantes (ici le quai des Antilles) sont majoritairement équipés de garde-corps. © Radio France

Nantes, France

Deux jours après le repêchage du corps de Steve dans la Loire, les enquêtes judiciaire et administrative sur la soirée du 21 juin se poursuivent. La ville de Nantes, notamment, va être interrogée dans le cadre de l'enquête de l'IGA, l'inspection générale de l'administration. L'enquête doit entre autres se pencher sur la sécurisation des bords de Loire.  

Le rapport de l'IGPN, la police des polices, et sa lecture par le Premier ministre Edouard Philippe laisse entendre que la municipalité serait en cause dans la chute de plusieurs personnes dans la Loire, lors de la fête de la musique. La mort de Steve est désormais la quatrième noyade mortelle sur l'île de Nantes depuis l'installation en 2007 du Hangar à Bananes. Faut-il davantage sécuriser les lieux ?  

Pour l'opposition LR, c'est à la municipalité de s'en charger

La chef de file de l'opposition Les Républicains à Nantes est catégorique : il faut mieux sécuriser les lieux, et en particulier le quai Wilson, là où auraient majoritairement chuté les fêtards dans la nuit du 21 au 22 juin dernier. "Je me suis engagée à établir un diagnostic précis de l'ensemble des berges de Loire à Nantes, et de sécuriser les sites en fonction des éléments du diagnostic. La première des choses à faire, "c'est d'équiper ce quai Wilson de garde-corps." 

"J'entends bien les arguments des uns et des autres de l'accostage de bateaux", poursuit-elle. "On est au XXIe siècle, on a aujourd'hui des solutions modernes, innovantes, qui permettent de sécuriser le site au moyen de garde-corps, tout en permettant quand c'est nécessaire l'accostage de bateaux. Mais on ne peut pas aujourd'hui continuer avec un usage événementiel et festif de ce site qui n'est absolument pas sécurisé en fonction de l'usage qu'on lui a attribué."  

"On ne peut pas aujourd'hui continuer avec un usage événementiel et festif de ce site qui n'est absolument pas sécurisé." - Laurence Garnier, leader de l'opposition nantaise 

En attendant, la chef de file de l'opposition nantaise demande à ce que "ne soient pas organisés de nouveaux événements festifs" tant que le quai Wilson "ne sera pas correctement sécurisé". Elle réclame une réflexion autour d'une délocalisation des événements festifs du type fête de la musique

"Il faut qu'on trouve un site alternatif sur la métropole nantaise, mais qu'en tout cas on ne refasse pas d’événement festif à hauteur du quai Wilson tant qu'il n'est pas sécurisé, cela me semble être l'évidence", plaide Laurence Garnier. "Je pense que c'est la moindre des choses compte tenu de ce qu'on vient de vivre, _c'est le respect qu'on doit à Steve et à ses parents, et puis aussi toute cette jeunesse_, qui est nombreuse à Nantes, qui vient faire la fête et qui souhaite pouvoir la faire dans des conditions de sécurité correctes", conclut-elle.  

La municipalité de Nantes non compétente sur le quai Wilson  

Problème : la ville de Nantes n'est pas compétente sur l'intégralité des bords de Loire. Le quai Wilson, au sud de l'île de Nantes, n'appartient pas à la commune, mais au port autonome ; autrement dit, à l'Etat. La municipalité déploie donc depuis plusieurs années un dispositif de prévention et de sécurisation sur les bords de Loire, sans pour autant couvrir l'intégralité des quais.  

"Ce n'est pas la sécurisation du quai qui a posé problème, c'est l'intervention." - Gilles Nicolas, adjoint à la sécurité.  

Il y a sur la Loire un canot de sauvetage, et, lors d'une cinquantaine de fêtes organisées sur place à l'année, deux agents de sécurité présents, dont le rôle est notamment de rediriger les personnes, en cas de besoin, vers le poste de secours du Hangar à bananes. Il y a aussi, sur le quai des Antilles et le quai François Mitterrand, des gardes-corps, des échelles, des bouées, et des caméras de vidéosurveillance. La luminosité a été accrue ces dernières années, souligne aussi Gilles Nicolas, adjoint à la sécurité et la tranquillité à la mairie de Nantes. 

"Quand c'est sur le territoire de la municipalité, nous prenons toutes les mesures adéquates. Par contre, sur le quai Wilson, ce n'est pas un terrain du ressort de la ville. La ville n'était pas présente sur les lieux, et n'a donné aucune instruction concernant l'intervention policière, qui est quand même le cœur du sujet. Ce n'est pas la sécurisation du quai qui a posé problème, c'est l'intervention. Je ne parle pas de charge de police, je n’incrimine personne, mais je n’aimerais pas que l'on renvoie pas d'une manière simpliste les responsabilités", résume Gilles Nicolas.  

L'intervention policière en cause ? 

"Nous ne nous sentons pas responsables de ce qui s'est passé pour une raison très simple : les vidéos sont accablantes [pour les forces de l'ordre]", a également réagi ce mercredi Aymeric Seasseau, sur franceinfo. L'adjoint PCF ne comprend pas les critiques adressées à la municipalité sur la sécurité du site. "En 2017, il s'est produit une scène similaire où les forces de l'ordre avaient choisi un repli tactique plutôt que d'engager une action près de la Loire", a souligné l'élu.  

"Il y a ces installations depuis 20 ans à Nantes, il y a des sound systems tous les week-ends dans toute la France, souvent près de cours d'eau." - Aymeric Seasseau, adjoint PCF à la mairie de Nantes. 

Pour Aymeric Seasseau, la responsabilité n'incombe pas à la mairie. "Il y a ces installations depuis 20 ans à Nantes, il y a des sound systems tous les week-ends dans toute la France, souvent près de cours d'eau", a-t-il souligné. _"_La question qui est posée est donc celle de l'intervention policière et exclusivement celle de l'intervention policière. Edouard Philippe reste droit dans ses bottes, il soutient la politique de maintien de l'ordre de son ministre, [Christophe Castaner] qui est mis en cause."

Selon le rapport de l'IGPN, trois personnes auraient chuté dans la Loire tôt au matin du 22 juin dernier, avant l'intervention des forces de police.