Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Drame d'Aoste : "Arrêtez de dire que l'avion a percuté l'hélicoptère !", selon le responsable de l'Altiport de Megève

vendredi 1 février 2019 à 4:57 Par Christophe Van Veen, France Bleu Pays de Savoie

ENTRETIEN FRANCE BLEU PAYS DE SAVOIE- Une semaine après la collision entre un avion et un hélicoptère en Italie qui a fait sept morts, l'aéroclub de Megève réagit pour la première fois sur France Bleu Pays de Savoie. Il dénonce une médiatisation "à charge".

L'altiport de Megève
L'altiport de Megève © Maxppp - Le Progrès/Maxppp

Megève, France

Vendredi dernier 25 janvier, l'avion de tourisme de type Jodel a décollé de l'altiport de Megève Haute Savoie. Dans l'après-midi une collision avec un hélicoptère italien fera sept morts. Le pilote instructeur de l'avion est poursuivi pour homicide avec négligence grave par le procureur d'Aoste (Italie) qui a demandé son incarcération. 

Le président de l'aéroclub de Megève demande qu'on respecte la présomption d'innocence. Il n'a depuis le drame répondu qu'aux questions de la direction de l'aviation civile, mais pas aux journalistes, car dit-il l' "enquête n'est pas close" . Jean Roulland a accepté de s'entretenir quelques minutes avec France Bleu Pays de Savoie.

Outré par une médiatisation à charge

Jean Roulland, le président de l'aéroclub de Megève se dit "outré" par la présentation médiatique , "à charge" selon lui.   "Les investigations sur les débris des appareils diront vite où sont les fautes", il en est persuadé, "on va savoir".   

D'après Thierry Vigoureux, journaliste spécialisé pour Le Point et pilote lui-même, et auteur d'un article à décharge, la manifestation de la vérité risque cependant d'être compliquée par le fait qu'il n'y a pas de boîte noire sur ces appareils. Mais les GPS des téléphones portables pourraient y remédier.

En attendant, "arrêtez de dire que l'avion a percuté l'hélicoptère ! " insiste le responsable de Megève. _"_Il y a eu collision, c'est un fait, mais on ne sait pas à ce stade qui est le fautif, qui est allé percuter qui".  

"L'enquête est en cours", martèle celui qui a "toute confiance" en son instructeur bénévole, l'un de ses instructeurs les plus chevronnés et les plus experts.    

"Le plan de vol n'aurait rien changé"

La presse italienne se déchaîne contre les pilotes français qui viendraient survoler Aoste sans plan de vol, hors la loi. Megève est dans le collimateur.  Or Jean Roulland est catégorique : " le plan de vol n'aurait rien changé"

Depuis des décennies, aussi bien en Italie qu'en France, il affirme qu'"il est admis qu'en haute montagne, on navigue à vue" : priorité à droite, l'appareil le plus haut s'écarte et il faut annoncer par radio les phases d'atterrissage. Le relief et l'altitude rendent le plus souvent inopérants les radars. D'où ce pilotage à l'ancienne, en visuel.

Les règles sont simples. Le plan de vol communiqué aux tours de contrôle du secteur serait donc un "faux problème" . Les aviations civiles ferment d'ailleurs les yeux, aussi bien en France qu'en Italie, même si officiellement, les plans de vols sont obligatoires quand on change de pays. A travers le drame d'Aoste, c'est toute la problématique des tours aériens du Mont-Blanc qui est posée. 

Autre aspect de cette tragédie : l' "héliski", pratique lucrative interdite en France mais qui se développe ailleurs et qui consiste à déposer les skieurs en hélico sur les sommets alpins - c'était le cas des cinq occupants de l'hélicoptère-.

Un homme de confiance

Interrogé sur son lit d'hôpital, montré du doigt par la presse italienne notamment parce que son avocat lui a conseillé de garder le silence,  le survivant, le pilote Français n'est pourtant pas "un farfelu" ,  selon l'expression du président de son aéroclub.   

Commandant de bord à Air France, le francilien de 64 ans, Philippe Michel prend quinze jours pendant toutes ses vacances d'hiver pour transmettre sa passion. "Un homme de confiance" d'après Jean Roulland, le responsable de l'association haut-savoyarde.   

Jean Roulland, qui oeuvre depuis plus de 25 ans dans l'institution, ne souhaite pas être enregistré pour une diffusion radiophonique et il limite ses propos, car, il le répète,"l'enquête est en cours". Il dit aussi avoir obligation de silence pour ne pas heurter les familles  des deux "élèves" partis de Megève et les proches des victimes de l'hélicoptère.

Megève, un aéro-club de référence

Jean Roulland défend aussi son association. L'aéroclub subit le même mauvais traitement médiatique, d'après lui, alors que l'association brille depuis un demi-siècle.   

Avec 3.000 heures de vol par an, cet aéroclub est le plus important en haute montagne. Il comptabilise près de huit fois plus d'heures de vols annuelles que celui de Méribel par exemple. 

Dans la grande famille de 300 membres, le vice-président de cette association est lui aussi commandant de bord à Air France. 

Après un samedi de pause, juste après le drame - "par dignité pour les victimes", les vols ont repris normalement à l'aéroclub de Megève.