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Faits divers – Justice

Après le meurtre d’un prêtre en Normandie, les catholiques dijonnais choqués mais solidaires et déterminés

mardi 26 juillet 2016 à 20:24 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Après l’attaque sanglante d’une église en Seine-Maritime, le 26 juillet 2016, la communauté catholique vit-elle dans la peur ? Exemple à la paroisse Notre-Dame à Dijon.

L'église Notre-Dame à Dijon
L'église Notre-Dame à Dijon © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Un prêtre a été égorgé hier matin en Seine-Maritime, dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Un paroissien qui avait été également pris en otage est grièvement blessé. Les deux preneurs d'otages, dont l'action a été revendiquée par l'organisation Etat islamique, ont été abattus. A Dijon, une sérénité ordinaire règne sous les voûtes de l'église Notre-Dame. Les paroissiens recueillis et les touristes respectueux vont et viennent à pas feutrés. Rien ne laisse apparaître le choc qui pourtant a secoué la communauté catholique, comme en témoigne Monique : «J’ai été très choquée. Quand j’ai vu ça à la télévision, j’ai tremblé, j’étais très perturbée ». Et elle éprouve une peur rétrospective, en évoquant cet incident, survenu pas plus tard que la veille, alors qu’il ne restait plus qu’elle et deux autres fidèles qui s’affairaient dans l’église alors que la fermeture approchait : une femme portant un gros sac à dos est entrée, s’est avancée devant l’autel de la Vierge qu’elle a insultée en brandissant le poing. Un scénario répété plusieurs fois en divers points de l’édifice, avant que l’inquiétant personnage ne reparte. Monique avoue s’être interrogée sur les intentions de cette femme : « était-elle en repérage pour une action à venir ? ».

« Ils veulent nous impressionner, mais il faut garder notre sang froid »

Le père Didier Gonneaud reconnaît une certaine tension chez les fidèles. « Il y a quelques années, quand un personnage au comportement étrange se manifestait, on passait tout de suite à autre chose. Maintenant, quand cela se produit, tout de suite, la pression monte ». Lui aussi a été évidemment très marqué par le crime commis en Seine-Maritime. Il a eu une pensée pour son collègue qui à 84 ans tenait à assurer son ministère, et qui est mort pour sa foi, comme les moines de Tibhirine, massacrés il y a 20 ans en Algérie. Le père Gonneaud juge cependant que les mesures de sécurité sont optimales dans son église. Il rend hommage aux militaires qui viennent protéger le lieu de culte, de manière aléatoire, par tous les temps, et aux paroissiens qui se chargent d’assurer une sécurité supplémentaire en veillant à ce que des sacs suspects ne traînent pas dans l’église, et en se tenant prêts à appliquer les consignes préfectorales, notamment la mise en œuvre d’un plan d’évacuation.. Et quand on demande aux paroissiens si l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray va les dissuader de se rendre à l'église, la réponse de Jeanine fuse « oh non, pas du tout ! Il faut être courageux. Ils (les terroristes) veulent nous impressionner, mais il faut garder notre sang froid, au contraire… »