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Dossier : Nordahl Lelandais

Après le procès Lelandais, Didier Noyer, le père d'Arthur : "Dans la peine, oui. Dans la haine, non !"

ENTRETIEN - Didier Noyer le père d'Arthur dresse le bilan des sept jours du procès du meurtrier de son fils - "l'Autre" comme il l'appelle. À la cour d'assises de Savoie, la famille de la victime a marqué par son humanité et il en est l'incarnation.

Didier Noyer au procès
Didier Noyer au procès © Radio France - Valentien Pasquier

Nous avons passé sept jours à côté de lui. Entre nous, le banc de son avocat maître Boulloud. Nous avons vu Didier Noyer, calepin en main, noter les réflexions qu'il transmettait via des post-it à l'homme missionné pour le représenter. Actif comme lorsqu'il cherchait son fils disparu. Nous étions le rare témoin de l'étreinte, lors d'une suspension d'audience, échangée furtivement avec Christiane Lelandais et Alexandra la sœur de l'accusé, décisive pour l'humanité de ce procès. 

Juste avant le verdict (20 ans de réclusion, reconnaissance du meurtre) nous avons pu échanger quelques minutes à part, tous les deux, dans un couloir du palais de justice de Chambéry. Écharpes aux couleurs claires, volonté absolue d'être digne d'un fils solaire, défenseur farouche des valeurs d'ouverture malgré le drame, le patriarche nous raconte comment il a traversé le premier procès Lelandais. 

Didier Noyer l'humaniste

Que retenir, comment partez-vous de ce procès d'assises ?

Didier Noyer - La première semaine a été très forte en émotions. Beaucoup d'émotions des deux côtés. L'accusé a des amis admirables. Nos amis aussi sont admirables. Avec le verdict, on arrive à un point d'orgue. Après quatre ans de pression... Notre mesure de la famille, c'était quatre il y a plus de quatre ans. Depuis quatre ans, c'est trois. On va continuer à forger cette unité à trois, en ayant Arthur au-dessus de nous, bienveillant, qui nous fera un baise-main... (rires et larmes mêlées).

Puisque Arthur pouvait faire des baise-mains... (la nuit tragique du 11 avril, une barmaid vient le réconforter parce qu'il vient de se faire voler son smartphone et il l'a remercie d'un baise-main, ndlr) 

Oui, c'est ça, Arthur. C'est la classe, on se prend pas la tête. Le charme. Pas le séducteur. Charmeur, pour le fun.

J'ai assisté à cette scène le deuxième jour du procès où vous vous êtes rapprochés de Christiane Lelandais et d'Alexandra. Je vous avais dit que vous étiez formidable d'humanité. 

Je pense que c'était à moi d'aller vers elle. Elle ne pouvait pas. Elle supporte le poids de ce qu'a fait son fils au mien. Son fils est vivant. Le mien ne l'est plus. Son fils a tué le mien. Mais ça reste une famille, ça reste une mère en souffrance. C'était à moi d'y aller, quoi ! Et quand nos regards se sont croisés, quand j'ai fait deux ou trois pas vers elle, elle a fait les deux ou trois pas pour venir vers moi. Elle était dans l'attente. Pour leur devenir à elles demain [la mère et la sœur de l'accusé NDLR], pour mon devenir à moi aussi, personne ne doit avoir le sentiment qu'elles se sentent responsables de quoi que ce soit.

"La haine, c'est quelque chose qui détruit. Et nous, on n'a pas envie d'être détruits" - Didier Noyer, père d'Arthur Noyer

Vous les avez, y compris Quentin, défendues par rapport à la haine liée à leur nom "Lelandais"

Cette dame nous dit qu'elle est obligée de prendre son nom de jeune fille ! Elle se fait insulter ! Nous, c'est pas ça. Et quand je vois le meilleur ami [NDLR : de Nordahl Lelandais] qui a peur que le nom de sa société soit divulgué. C'est anormal ! On croit savoir que dans ce qui va arriver dans quelques mois, ça va être moins simple. Pas question de cautionner ça et qu'on se serve de nous pour dire : "Maëlys et Arthur", "Arthur et Maëlys"... La famille d'Arthur n'est pas du tout dans ce trip là !

C'est-à-dire, pas dans la haine...

Pas du tout. La peine, oui. La haine, non ! La haine, c'est quelque chose qui détruit. Et nous, on n'a pas envie d'être détruits. 

Un mot sur "l'Autre" comme vous l'appelez. Une dernière fois, avant le verdict, il vous a présenté ses excuses. Et vous ne le regardiez plus.

Non, on regardait l'écran en face. [NDLR : écran géant qui retransmet le procès]. Non, pfff, c'est facile ! Vous savez, je vous pique votre micro, et : "Oh ! Excuse moi !" Non, non... Autant sa mère, oui... Lui, non. Il n'est pas question. Et puis, qu'est ce que ça veut dire ? Le pardonner ? Faudrait que je donne un blanc-seing à l'assassin de mon fils ? Non, qu'il se débrouille ! Qu'il se débrouille avec lui-même.  

Ultime image, après le verdict. Didier Noyer sort le portrait d'Arthur devant le palais de justice de Chambéry. Le portrait a passé tout le procès face à l'accusé.
Ultime image, après le verdict. Didier Noyer sort le portrait d'Arthur devant le palais de justice de Chambéry. Le portrait a passé tout le procès face à l'accusé. © Radio France - Christophe Van Veen
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