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Après une plainte pour abus de confiance contre Magali Guillot, un droit d'alerte de ses salariés

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Par , France Bleu Isère

Le droit d'alerte de la CGT a été déposé début janvier au nom de certains salariés de la maison de retraite "Les Pérolines", basée à Saint-André-Le-Gaz (Isère) auprès du tribunal de Bourgoin-Jallieu. Il dénonce des manquements au droit du travail, notamment.

La maison de retraites "Les Pérolines" est située en centre-ville de Saint-André-le-Gaz (Isère).
La maison de retraites "Les Pérolines" est située en centre-ville de Saint-André-le-Gaz (Isère). © Radio France - Céline Loizeau

Les problèmes volent en escadrille pour Magali Guillot, la maire de Saint-André le Gaz (Isère), présidente de la communauté de communes des Vals du Dauphiné et vice-présidente du Département. Après une plainte pour abus de confiance formulée par des investisseurs pour des impayés, elle est l'objet d'un droit d'alerte déposé par la CGT au nom de salariés. Dans les deux cas, il s'agit d'une procédure visant sa fonction professionnelle, celle de directrice de la maison de retraite "Les Pérolines" -établissement privé qui compte une quinzaine de résidents et emploie moins de dix personnes- et non ses fonctions politiques.

C'est en début de mois que le syndicat CGT a déposé ce droit d'alerte. Et c'est quelques jours après la révélation de la plainte pour abus de confiance que des salariés témoignent de manière anonyme. Mais les salariés, comme le syndicat, tous se défendent de vouloir "profiter" de cet épisode. "Franchement c'est un malheureux concours de circonstances. On a découvert comme tout le monde l'affaire dans la presse ce week-end", assure une salariée qui tient clairement faire savoir que la politique n'a rien à voir avec sa démarche. 

Une démarche sans lien avec la plainte formulée par des investisseurs, assurent ces salariés

"On parle maintenant, car on a déjà fait beaucoup de courriers, passé des coups de fil. Et ça n'a rien changé. On veut créer un électrochoc. On veut juste que notre directrice soit plus présente", explique-t-elle. A l'automne déjà, la CGT avait saisi l'inspection du travail pour signaler, selon elle, différents manquements au droit du travail. Il est question d'absence de mutuelle d'entreprise, d'emplois du temps pas fournis dans les délais, de retards parfois dans le règlement des salaires ou encore de formations manquantes.

Mais malgré cette première démarche, rien n'a changé. Le contrôleur du travail s'est aussi heurté au silence de Magali Guillot. Dans un courrier daté de fin décembre 2020, il lui indique être venu au sein de la maison de retraite, avoir envoyé de nombreux messages, et même l'avoir convoquée à son bureau. Sans succès. "Ce qui constitue", écrit le contrôleur, "un délit d'obstacle à mes fonctions (...) une infraction punie d'un emprisonnement d'un an et d'une amende de 37.500 euros."

Comme les trois salariées qui ont témoigné ce lundi de manière anonyme, une femme dont la maman a vécu plusieurs années aux Pérolines est formelle : il n'est pas question là de maltraitance, de malveillance à l'égard des pensionnaires, mais d'une directrice, à leurs yeux, trop souvent absente. "On veut juste être plus sereines, avoir de meilleures conditions de travail et de meilleures conditions de vie pour les résidents. On veut sauver les Pérolines, notre travail", ajoute une des salariées.

La fille de la résidente évoque aussi des petits travaux qui auraient dû être faits dans la cour, des animations quasi inexistantes, malgré le versement de 3200 euros tous les mois. " On n'en avait pas pour notre argent si je peux m'exprimer ainsi. Si je parle aujourd'hui, c'est pour soutenir le personnel. Mais aussi car on n'a toujours pas rendu à ma famille les 2000 euros de caution qui auraient dû être remboursés juste après le décès de ma maman", précise-t-elle.

Cette maison de retraite, privée, est une petite structure : elle compte une quinzaine de lits.
Cette maison de retraite, privée, est une petite structure : elle compte une quinzaine de lits. © Radio France - Céline Loizeau

"Mme Guillot est devenue la femme à abattre" pour son avocat

De son côté, pour l'instant, Magali Guillot ne fait aucun commentaire. C'est Me Hervé Banbanaste, qui assure sa défense depuis vendredi, qui parle en son nom.  Et pour lui, que ces salariés s'expriment juste après la révélation qu'une plainte a été déposée, "c'est tout sauf une coïncidence." 

D'après lui, ce qu'on lui reproche là est "d'une banalité ! C'est la vie des entreprises. On nous dit que Mme Guillot ne serait pas présente à la maison de retraite, mais quel crime ! Ces attaques, elles sont grossières, manipulées. Hier, on lui reprochait des malversations. On fait feu de tout bois. J'ai bien l'impression que Magali Guillot est devenue la femme à abattre."

Pour Me Banbanaste, les différentes fonctions politiques de sa cliente, sa carrière politique, sont clairement visées : "on voudrait véritablement lui couper les jambes pour que sa carrière politique soit brisée. C'est tout le contraire qui va se passer." Précisons que parmi les membres de la CGT qui accompagnent le personnel dans ces démarches, l'un siège dans l'opposition au conseil municipal de Saint-André-le-Gaz. Me Banbanaste dénonce aussi une justice qui se fait dans les médias, sur les réseaux sociaux, et selon lui, l'absence de preuve quant à la culpabilité de sa cliente à l'heure actuelle. "A vouloir en faire trop, ça va se retourner contre les accusateurs de Mme Guillot", prédit-il.

Il redit que sa cliente n'a pas l'intention de démissionner de ses différents mandats. Et il n'exclut pas, le cas échéant, d'éventuelles actions pour dénonciation calomnieuse. Rappelons que concernant la plainte pour abus de confiance, si Magali Guillot reconnaît des impayés, elle nie toute malversation.

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