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Faits divers – Justice

Aquarius : critiqué, le gouvernement dénonce le "cynisme" italien et propose d'aider l'Espagne à accueillir les migrants

mardi 12 juin 2018 à 16:01 - Mis à jour le mardi 12 juin 2018 à 22:25 Par Thibaut Lehut, France Bleu Provence et France Bleu

Les 630 migrants, bloqués depuis dimanche au large des côtes maltaises à bord de l'Aquarius affrété par l'ONG SOS Méditerranée, ont entamé mardi soir leur traversée vers l'Espagne. Après trois jours de silence, critiqués, l'Elysée a finalement proposé d'aider son voisin à accueillir des migrants.

À bord du navire, la situation humanitaire est critique pour les 629 passagers.
À bord du navire, la situation humanitaire est critique pour les 629 passagers. © AFP - Karpov / SOS MEDITERRANEE

Les 630 migrants, bloqués depuis dimanche au large des côtes maltaises à bord de l'Aquarius, ont entamé mardi soir leur longue traversée vers l'Espagne a annoncé sur Twitter l'ONG SOS Méditerranée.
 

L'Aquarius, navire affrété par l'association pour secourir des migrants en perdition était au cœur d'un bras-de-fer depuis plusieurs jours, après s'être vu refuser l'autorisation de débarquer en Italie et à Malte alors qu'il transportait à son bord 629 migrants. L'Espagne a proposé d'accueillir le bateau. En France la réaction du gouvernement, silencieux pendant trois jours, a suscité la polémique.

Une réaction de "simple humanité" face au "cynisme" de Macron

Ce mardi, la gauche a dénoncé le "silence coupable" de la France. Au Parti socialiste, le premier secrétaire Olivier Faure a vu dans "l'Espagne de Sanchez l'honneur de l'Europe"

"C'est à Naples, en Espagne, en Corse mais pas à l'Elysée et à Matignon ni à Bruxelles que les réactions et décisions de simple humanité #Aquarius se disent et se prennent" a de son côté commenté Clémentine Autain. 

La députée France Insoumise faisait notamment référence aux propositions des élus corses, qui évoquaient la possibilité de mettre sur pied un port autonome pour accueillir les migrants.

Y compris au sein de la majorité, le silence du gouvernement a interpellé. "Nous n'avons pas encore à ce stade entendu de réaction de l'exécutif", a déploré le vice-président LREM de l'Assemblée nationale, Hugues Renson. "J'aurais aimé que la France puisse être dans la droite tradition qui est la sienne d'accueil et de réponse aux situations humanitaires d'urgence".

La France pas la mieux placée, se défend le gouvernement

"Nous n'avons pas été saisis d'une demande de la part de l'ONG SOS Méditerranée, pour une raison simple, c'est que pour se rendre jusqu'en France, c'est aussi plusieurs jours de mer, dans une mer qui n'est pas bonne, avec des passagers qui ne sont pas en bonne santé", a justifié pour sa défense la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau. 

"La France n'est pas restée inactive au cours des 24 dernières heures", a de son côté expliqué le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, en précisant qu'Emmanuel Macron allait s'entretenir mardi avec "les autorités maltaises, espagnoles et italiennes".

En Conseil des ministres, le chef de l'État _"a tenu à rappeler le droit maritime"qui indique "qu'en cas de détresse, ce soit la côte la plus proche qui assume la responsabilité de l'accueil", a précisé Benjamin Griveaux lors de son point presse traditionnel. "Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster" en France car "c'est le respect du droit international", a estimé Emmanuel Macron tout en dénonçant la "part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien"_.

Encore quatre jours de mer, situation humanitaire critique

La France, via la voix d'un Edouard Philippe interrogé lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, s'est toutefois déclarée "prête à aider" l'Espagne pour "accueillir" des migrants

Le ministre des Affaires Étrangères a de son côté demandé aux Italiens de "revoir leur point de vue", tout en continuant à réclamer une "réponse européenne" à ce problème récurrent. Le sujet est d'ores et déjà au menu du Conseil européen des 28 et 29 juin, où la France et l'Allemagne doivent présenter ensemble une proposition ambitieuse, notamment sur le financement de la police des frontières Frontex.

Les migrants de l'Aquarius, qui vont désormais faire route vers l'Espagne, ont de leur côté encore quatre jours de mer, au moins. Parmi les 629 personnes à bord, sept femmes enceintes, onze enfants en bas âge et 123 mineurs isolés. Plus de la moitié d'entre eux vont être transférés sur deux navires italiens pour effectuer le trajet.