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Argent public : l'énorme scandale de la Vallée du Lay arrive devant la justice

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu
Luçon, France

Le procès de quatre anciens dirigeants de l'ASA de la Vallée du Lay s'ouvre ce vendredi à la Roche-sur-Yon. Les prévenus sont accusés de s'être enrichis avec de l'argent public, en transformant l'association en véritable entreprise de BTP au service du privé.

La salle d'audiences pénales du TGI de la Roche sur Yon
La salle d'audiences pénales du TGI de la Roche sur Yon © Radio France - Emmanuel Sérazin

L'affaire a été révélée par le journal indépendant Le Sans Culotte 85 : au fil de leurs investigations, ses journalistes ont mis au jour un véritable système de détournement de l'argent public au sein de l'association agréée de la Vallée du Lay, créée pour entretenir les digues du fleuve qui coule de Luçon à la Faute sur Mer. Alertée, la Chambre Régionale des Comptes a pris le relais, et son enquête a abouti à un rapport accablant. A la lecture de ce rapport, la justice yonnaise s'est saisie de l'affaire, avec à la clé la mise en examen de 4 anciens dirigeants de la structure, notamment pour détournement de fonds publics, blanchiment et favoritisme.

Un train de vie et des dépenses excessives

Le premier volet de cette affaire met en lumière l'enrichissement personnel des protagonistes. Le président de l'association percevait par exemple 4 000€ par mois, tandis que ses co-prévenus gonflaient artificiellement leurs salaires grâce à des frais de déplacements fantaisistes. La justice leur reproche également des dépenses excessives lors de la construction du siège social de l'association à Luçon : la facture dépasse les 800 000€, pour un bâtiment équipé d'écrans dernier cri, de mobilier haut de gamme, et d'un jardin garni d'essences rares, avec des palmiers à plus de 600€ pièce. En plus de cette folie des grandeurs, les dirigeants ne respectaient pas les règles des appels d'offres publics, n'hésitant pas à retenir une "entreprise amie", même si elle était beaucoup plus chère que les autres. Et bien souvent, les marchés étaient attribués directement à ces mêmes "entreprises amies", sans aucune mise en concurrence.

Des digues, aux piscines creusées chez les particuliers

La mission de l'association agréée est d'entretenir les digues le long du Lay, entre Luçon et la Faute sur Mer. Après la tempête Xynthia, elle a perçu plusieurs centaines de milliers d'euros de l'Etat pour réparer les dégâts de la tempête. Les dirigeants ont alors recruté des techniciens spécialisés, et acquis du matériel lourd. Le travail a été fait, mais ensuite, les dirigeants ont commencer à chercher des marchés  pour "occuper les salariés et rentabiliser le matériel acheté". L'association s'est alors détournée de sa mission première, en devenant une véritable entreprise de BTP. Les salariés allaient de chantiers en chantiers, parfois comme sous-traitant de Véolia, intervenant sur des travaux de voirie, et allant même jusqu'à creuser des piscines chez des particuliers. Les salariés ne consacraient plus que 20% de leur temps à l'entretien des digues.

Le procès s'ouvre ce vendredi matin au Tribunal de Grande Instance de la Roche sur Yon. L'audience promet d'être longue, et très technique...

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