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Faits divers – Justice

Argentine : une césarienne pratiquée en urgence sur une fillette de 11 ans violée

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Par , France Bleu

Le débat sur l'avortement relancé en Argentine par une affaire sordide. La patrie du pape François découvre avec stupeur cette affaire d'une césarienne pratiquée en urgence sur une fillette de 11 ans violée par le mari de sa grand mère.

Journée d'action verte pour le droit à l'avortement", devant le Congrès national à Buenos Aires le 19 février 2019
Journée d'action verte pour le droit à l'avortement", devant le Congrès national à Buenos Aires le 19 février 2019 © AFP - Juan MABROMATA

La césarienne pratiquée sur une fillette de 11 ans violée par le mari de sa grand-mère, a relancé le débat sur l'avortement en Argentine, où l'accès à l'IVG reste très limité.  

"Je veux que vous m'enleviez ce que le vieux m'a mis dans le ventre"

La fillette, dans sa plainte pour viol auprès de la justice de la province de Tucuman (nord) avait exprimé clairement son souhait d'avorter. "Je veux que vous m'enleviez ce que le vieux m'a mis dans le ventre", avait-elle réclamé.

La législation argentine prévoit effectivement que la justice peut autoriser une interruption de grossesse dans des circonstances extraordinaires de viol, ou de péril pour la mère.

23 semaines après le viol, la fillette est en danger

Mais, comme souvent en Argentine, les autorités font traîner les dossiers jusqu'à ce que l'avancement dans la grossesse soit tel, qu'il rende impossible un avortement.  À 23 semaines de grossesse, les médecins ont jugé que la fillette était en danger et qu'il fallait pratiquer non pas un avortement, mais une césarienne. 

"Par voie basse, ce n'était pas possible. Son corps n'est pas suffisamment développé pour (supporter) une grossesse de 23 semaines, et s'il l'avait été, les conditions psychologiques n'étaient pas réunies, du fait des nombreux abus qu'elle a subis", selon la gynécologue, Cecilia Ousset, qui a participé à l'intervention à l'hôpital Eva Peron de Tucuman.  

Le fœtus de cinq mois a été extrait vivant du ventre de sa mère, mais ses chances de survie sont quasi-nulles, estiment les médecins.  

"L'État est responsable de la torture de Lucia"

L'organisation féministe #NiUnaMenos, en pointe dans la mobilisation pour le droit à l'avortement assure que "L'Etat est responsable de la torture de Lucia".  

Le gouvernement de la province de Tucuman, dont dépend la juridiction qui n'a pas autorisé l'avortement, s'est justifié en disant avoir mis en oeuvre "les procédures nécessaires pour sauver les deux vies".   

En 2018, un projet de loi octroyant le droit à l'avortement jusqu'à la 14e semaine a été adopté à la chambre des députés, mais rejeté par le sénat, sous la pression de l'Église.  Au pays du pape François, la population est divisée sur la question de l'avortement et un débat passionné oppose deux camps fortement mobilisés. 

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