Faits divers – Justice

Arnaque aux contrôles techniques : le gérant d'un centre de Falaise épinglé

Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu mardi 12 septembre 2017 à 16:40

Un centre de contrôle technique
Un centre de contrôle technique © Maxppp - maxppp

La justice lui reproche 123 contrôles techniques frauduleux. Un Calvadosien de 36 ans été jugé ce mardi par le tribunal de Caen. A ses côtés, 13 personnes, anciens clients ou employés, qui ont bénéficié des contrôles complaisants ou participé d'une manière ou d'une autre. Décision le 7 novembre.

Le patron d'un centre de contrôles techniques de Falaise épinglé par la justice. Il est soupçonné d'avoir fait établir une centaine de faux certificats entre 2013 et 2016. L'homme, âgé de 36 ans, a été jugé par le tribunal correctionnel de Caen ce mardi, avec 13 autres personnes. Des clients, particuliers ou garagistes, ainsi que des employés. Le principal prévenu encourt un an de prison ferme. Les autres, des peines de prison avec sursis et des amendes. La décision sera rendue le 7 novembre prochain.

Les certificats n'étaient pas transmis à la base nationale

C'est le service des immatriculations à la préfecture du Calvados qui a découvert la fraude. En juillet 2016, lors de la vente de plusieurs véhicules. Les contrôles techniques n'étaient pas enregistrés dans la base centrale. Tous avaient été établis dans un centre de contrôles techniques situé à Falaise. L'enquête révèle alors les pratiques douteuses du gérant. "Dans un secteur ultra concurrentiel, reconnait ce dernier, il faut se démarquer des autres en étant rapide et efficace"...

Une voiture sans moteur passe le contrôle technique !

"C'est en effet parce qu'on pouvait venir sans rendez vous qu'on allait chez lui" racontent des clients. " Parce qu'il n'était pas trop regardant non plus", dénonce le procureur... Malgré une ampoule grillée, des pneus lisses ou un pare brise fêlé, le centre délivrait le certificat. Pour cela, les employés racontent qu'ils effaçaient des données dans la machine... ou faisait même le contrôle des freins avec un autre véhicule. Une voiture sans moteur a ainsi pu obtenir un certificat ! "Tous les centres font ça, dénonce un salarié, pour éviter les contre visites. Les clients font les réparations ensuite", assure-t-il.

Le gérant poursuit son activité

Tous ceux qui en ont profité, particuliers ou garagistes, disent en avoir tiré peu ou pas de profit. "C'était rapide et pas cher". Certains nient avoir été courant de la fraude. Mais tous risquent des condamnations. De un an de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour les deux garagistes prévenus, à 8 et 6 mois avec sursis pour les particuliers. Les employés, dont un travaille toujours dans le centre, encourent huit mois de prison avec sursis en 2000 euros d'amende. Le gérant, lui, reconnait la fraude, mais en minimise la portée. Après avoir été suspendu pendant deux mois par la préfecture, il continue d'ailleurs son activité, en précisant qu'il a changé ses pratiques. Le procureur a réclamé à son encontre deux ans de prison, dont un ferme et l'interdiction définitive d'exercer. Réponse le 7 novembre prochain.