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Arnaque aux torchons : prison ferme requise pour le chef de bande

Par Caroline Pomès, France Bleu Limousin, France Bleu Périgord et France Bleu mercredi 30 novembre 2016 à 16:15

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Photo d'illustration © Radio France

Ce mercredi, la procureur de la République a requis entre 10 mois et 2 ans de prison pour les trois membres de l'affaire des torchons. La famille est soupçonnée d'abus de faiblesse sur 55 personnes âgées en Dordogne, Corrèze et dans le Lot. En quatre ans, ils ont récolté plus de 100 000 euros

"Notre métier c'est de se débrouiller et de s'adapter pour gagner notre vie." Stéphane est l'aîné de la famille. En quatre ans, ce jeune homme de 28 ans aurait abusé de 10 personnes âgées dans le département mais aussi en Corrèze et dans le Lot. Il leur proposait d'arranger leur jardin, de rafraîchir leur maison et leur vendait des serviettes et torchons en lot.

Ce commerce illégal était orchestré en famille. De 2012 à 2015, les deux frères et le père ont démarché 55 octogénaires et plus. La compagne du plus grand, elle, était chargé de la comptabilité. Elle encaissait les chèques. En quatre ans, ils auraient récolté plus de 102 000 euros.

" 570 euros pour des draps et des serviettes, ce n'est pas un peu trop, non ?" - La procureur à un des prévenus.

Ils étaient tous les quatre jugés au tribunal correctionnel de Périgueux ce mercredi. La procureure de la République a requis pour la conjointe six mois de prison avec sursis, pour le père, elle demande 4 à 5 mois de prison ferme. Quant aux deux frères, la procureure requiert de 10 mois à deux ans de prison.

Peinture et mouchoirs en tissus

C'est en 2014 que le fils de la première victime donne l'alerte. Sa mère qui habite à Terrasson a acheté 5 300 euros de torchons et de draps. A partir de là, la gendarmerie pourra remonter jusqu'à la famille qui habite à Pazayac, dans une communauté de gens du voyage. A la barre, les deux frères ne semblent pas comprendre ce qu'ils ont fait. " Chez nous, nous avons le respect des vieilles personnes, explique l’aîné. Jamais je n'ai voulu faire de mal à ces personnes." Des victimes toutes âgées de plus de 80 ans dont la plus part étaient atteintes de la maladie d'Alzheimer.

"On discutait et c'est elle qui me demandait de les aider pour faire leur jardin" - Le frère aîné des prévenus

Du côté des parties civiles présentes lors de l'audience, les déclarations des prévenus ne valent rien. "Ma cliente ne se souvient même pas d'avoir signer un chèque, raconte Maître Debonet, comment voulez-vous qu'elle ait ordonné qu'on lui repeigne sa maison ?" Dans le cas de Josette, les frères lui auraient soutiré 35 550 euros en quatre ans. Ses enfants avaient pourtant remarqué les chèques de 600 euros à répétition mais sans tutelle, ils n'ont rien pu faire.

La défense de son côté demande à ce qu'on ne juge pas trop sévèrement cette famille, qui "a toujours fonctionné comme cela" et qui n'a "jamais forcé la main" aux victimes. La décision sera rendu le 18 janvier prochain.

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