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Arnaque aux travaux de rénovation : des personnes vulnérables dans le viseur de commerciaux peu scrupuleux

Le procès pour escroquerie aux travaux de rénovation s’est terminé ce vendredi 3 juillet au Mans. Deux entrepreneurs sarthois et sept salariés sont mis en cause pour pratiques commerciales trompeuses et agressives. La plupart des 110 plaignants sont des personnes âgées ou vulnérables.

Les plaignants sont âgés en moyenne de 76 ans
Les plaignants sont âgés en moyenne de 76 ans © Maxppp - FRANCOIS DESTOC

A la barre, les plaignants ont l’air un peu perdu. Pour la plupart, ils ont entre 60 et 80 ans, certains sont handicapés physiques, d’autres sont placés sous curatelle ou atteints de la maladie de Parkinson. Ils font partie des 110 victimes présumées d'une vaste escroquerie aux travaux de rénovation (la plupart vivent en Sarthe, les autres en Mayenne, l'Orne ou encore le Maine-et-Loire). Le procès des deux entreprises sarthoises mises en cause s'est tenu les 2 et 3 juillet au Mans.

Des assauts insistants et répétés au domicile des clients

D'après le ministère public, les commerciaux visaient en priorité des personnes vulnérables et âgées. Des proies faciles désignées comme des "liquides" ou des "tomates" par certains salariés visiblement pas dépourvus de cynisme. En somme : des fruits juteux qu’il fallait presser jusqu’à la dernière goutte. 

"Ils ne voulaient plus partir de chez moi"

Et pour arriver à leurs fins toutes les méthodes sont bonnes : argumentaire rodé, logiciel biaisé, des assauts insistants et répétés des commerciaux dont Lucette, une habitante du Mans de 80 ans a été victime. "Ils ne voulaient plus partir de chez moi. Ils restaient à la maison de 15h à 18h. La seule solution pour s'en débarrasser c'était de signer puis de se rétracter le lendemain", se souvient l'octogénaire. 

Certains clients, moins vigilants, ont dépensé toutes leurs économies (jusqu'à 86.000 euros) dans ces travaux de rénovation coûteux et souvent inutiles. D'autres ont cassé leur plan épargne retraite ou encore souscrit à des crédits à la consommation.

De la prison ferme et d'importantes amendes requises par le parquet

Dans son long réquisitoire, la procureure souligne une "véritable politique d’entreprise" appliquée à chaque niveau de la hiérarchie et dont "le seul objectif est le profit", "l’enrichissement personnel au détriment des clients".

Le parquet a requis contre les deux entrepreneurs sarthois des peines de 2 et 3 ans de prison ferme, accompagnées de périodes de sursis probatoire, avec des amendes, l’obligation de verser des dommages et intérêts aux victimes et l'interdiction d'exercer une activité commerciale pendant 15 ans.

Pour les sept autres prévenus : du sursis, de la prison ferme et des amendes allant de 25.000 à 40.000 euros. 

"Un réquisitoire hors norme", s'offusque l'un des avocats de la défense en soulignant qu'hormis un commercial, tous les prévenus ont un casier judiciaire vierge.

Le jugement a été mis en délibéré, il sera rendu le 31 août 2020.

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