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Faits divers – Justice

Arnaqueur ou incompétent, le traiteur "Le Kaïsse" devant le tribunal à Saint-Étienne

lundi 4 décembre 2017 à 18:50 Par Mathilde Montagnon, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Isère et France Bleu Saint-Étienne Loire

Le dirigeant de l'entreprise de traiteur "Le Kaïsse" comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne ce mardi. Accusé d'avoir annulé les mariages de plusieurs dizaines de couples parfois quelques jours seulement avant la cérémonie.

Une quarantaine de couples sont parties civiles
Une quarantaine de couples sont parties civiles © Maxppp -

Saint-Étienne, France

L'affaire du traiteur "Le Kaïsse" avait fait beaucoup de bruit en mai 2015. Ce traiteur hallal de Génilac est accusé d'avoir laissé tomber plusieurs dizaines de couples, annulant leurs mariages ou le baptême de leur enfant, parfois quelques jours seulement avant la cérémonie, après avoir encaissé les acomptes. Voire l'intégralité de la facture.

Environ 80 couples victimes

Le traiteur comparait ce mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne. Il est poursuivi pour "soustraction, usage et falsification de chèques, banqueroute et travail dissimulé". L'audience s'annonce agitée. De nombreux couples seront présents pour raconter leur histoire à la barre. L'ancien traiteur risque de se sentir un peu seul mais il est presque soulagé de pouvoir enfin s'expliquer sur l'origine de ce naufrage commercial.

"Il est resté dans le silence pendant deux ans", reconnaÏt son avocate Me Houda Abada, "et là, avec le procès, l'occasion lui est donnée de s'expliquer. Et de dire ce qui l'a conduit à déposer le bilan. Lui il explique qu'il a accumulé des difficultés financières qui l'ont contraint à cesser ses activités".

Maître Houda Abada, qui souligne que son client n'est pas poursuivi pour escroquerie, mais Me Frédéric Lalliard, qui représente 25 couples parties civiles dans l'affaire, espère tout de même une condamnation pénale dans ce dossier de banqueroute "il est important qu'il ne soit pas seulement dit que ce chef d'entreprise s'est montré incompétent ou submergé par le nombre de ses clients mais que en toute connaissance de cause il s'est fait payer pour des prestations dont il savait pertinemment par avance qu'il ne pourrait les tenir".

Les avocats vont défendre deux visions bien différentes de l'affaire

Quelqu'un de malhonnête qui a voulu prendre le maximum d'argent au maximum de monde" - une victime

Baptiste s'est marié le 13 juin 2015 à Grenoble. Cela faisait un an et demi qu'il préparait le grand jour, et le traiteur a annulé sa prestation trois semaines avant. Baptiste a pu tout réorganise en catastrophe. Mais il a perdu 15.000 euros dans l'affaire. Et il a clairement le sentiment de s'être fait arnaquer : "Au début peut-être qu'il faisait bien les choses(...), mais après je pense que c'est quelqu'un de malhonnête qui a voulu prendre le maximum d'argent au maximum de monde. Quand on voit qu'il se positionnait sur 4-5 mariages le même jour à la même date et qu'il vendait la même chose à tout le monde en disant qu'il allait être présent... Si ça c'est pas de l'escroquerie je ne sais pas ce que c'est".

Baptiste a perdu 15 000 euros dans l'annulation de son mariage

Des pertes de 500 à 15.000 euros

Sabri et Kaïna ont eux posé une journée de congé pour assister au procès. Ces deux Stéphanois ont perdu 7.000 euros et ils ont le sentiment que le traiteur leur a gâché ce qui devait être le plus beau jour de leur vie. Sabri attend désormais une réparation, "le remboursement de toutes les sommes avancées pour les prestations fantômes (...) et puis pour le préjudice moral, au niveau du traumatisme dont on est encore victime aujourd'hui. Ça passera jamais. (...) Je lui en veux. Même en étant indemnisé financièrement, ce sera une petite réparation mais ça ne fera pas tout".

Sabri attend un remboursement et une réparation financière pour le préjudice moral

De l'Isère à la Loire en passant par la Drôme, le Rhône et l'Ardèche, 80 couples se sont dit victimes au début de l'affaire. Une quarantaine se sont constitués partie civile. Les pertes d'argent se comptent en milliers d'euros, de 500 euros à 15.000 euros. Par ailleurs quelques anciens salariés sont également parties civiles. Le traiteur risque jusqu'à 5 ans de prison ferme.