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Dossier : L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès

VIDÉO - Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : les grandes dates

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Loire Océan

Soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants à Nantes en 2011, Xavier Dupont de Ligonnès est toujours introuvable. Cela fait dix ans désormais que l'homme est en fuite.

Xavier Dupont de Ligonnès sur une vidéosurveillance à Roquebrune-sur-Argens (Var), le 11 mai 2011.
Xavier Dupont de Ligonnès sur une vidéosurveillance à Roquebrune-sur-Argens (Var), le 11 mai 2011. © AFP - THOMAS COEX

Soupçonné d'avoir tué cinq personnes, son épouse et ses quatre enfants à Nantes début avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès est toujours en cavale. Cela fait maintenant dix ans que les enquêteurs sont à sa recherche. Des milliers de signalements ont été faits mais jusqu'ici, aucun n'a porté ses fruits.

France Bleu revient sur les principales étapes de cette affaire.

De la disparition inquiétante à la découverte des corps

Le 1er avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès achète dans plusieurs magasins du ciment, une bêche et une houe et, le lendemain, quatre sacs de 10 kg de chaux. Deux jours plus tard, le 3 avril 2011, le couple et trois des enfants dînent dans un restaurant avant de se rendre dans un cinéma de Nantes.

La nuit du 3 au 4 avril est considérée comme la "date probable" du décès de la mère de famille, Agnès, et des enfants Benoît (13 ans), Anne (16 ans) et Arthur (21 ans), selon le parquet de Nantes. Le 5 avril, Thomas (18 ans) rentre à Nantes dans la soirée à la demande de son père. Il est probablement tué cette nuit-là.

Le 11, le collège des deux benjamins de la famille et l'employeur de l'épouse reçoivent des courriers justifiant leur absence par une mutation en Australie. Neuf proches découvrent eux une lettre expliquant le départ soudain de toute la famille pour les Etats-Unis par la double vie d'agent secret qu'aurait eu Xavier Dupont de Ligonnès.

Dans la nuit du 12 au 13, le père de famille dîne seul et dort dans une luxueuse auberge du Vaucluse. Le 13 avril, sont passés de premiers appels à la police nantaise, émanant de voisins de la famille inquiets.

21 avril 2011 : découverte des corps 

Le 15 avril, après une nuit passée au Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var), Xavier Dupont de Ligonnès est vu pour la dernière fois par un témoin, s'éloignant à pieds avec un sac sur le dos. 

Le 19, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante de l'ensemble de la famille. Deux jours plus tard, le 21 avril, le procureur de la République de Nantes de l'époque, annonce à la presse qu'un "reste humain (vient d'être) découvert dans le jardin de cette famille sous la terrasse." Les enquêteurs ont trouvé cinq corps, ceux d'Agnès et de ses quatre enfants tués par balle enroulés dans des draps et de la chaux sous la terrasse de la maison familiale.

La maison des Dupont de Ligonnès en avril 2011.
La maison des Dupont de Ligonnès en avril 2011. © AFP - JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Le 22, les autopsies révèlent une "exécution méthodique", avec chacun au moins deux balles tirées en pleine tête. Le 26, une marche blanche d'hommage aux victimes réunit 450 personnes à Nantes, deux jours avant les obsèques.

Mandat d'arrêt international

Le 29 avril 2011 ont lieu les premières fouilles, infructueuses, autour de Roquebrune-sur-Argens (Var) où le père de famille en fuite a été vu vivant pour la dernière fois quinze jours plus tôt. 

Le 10 mai, un mandat d'arrêt international est émis contre lui. 

Du 23 au 28 juin, des fouilles sont organisées dans une quarantaine de cavités autour de Roquebrune-sur-Argens, puis dans les environs avec une centaine de CRS, d'enquêteurs de la police judiciaire de Toulon, de sapeurs-pompiers et quatre équipes cynophiles.

Le 26 juillet, une centaine de policiers dans toute la France procèdent à une quinzaine de perquisitions et 25 auditions libres parmi les proches parents et amis de Xavier Dupont de Ligonnès. Sans résultat.

Des milliers de signalements et autant de fausses pistes

En avril 2015, nouveau rebondissement : des ossements sont découverts près de Fréjus (Var), non loin du lieu où le fugitif a été vu pour la dernière fois. Les analyses révèlent qu'il ne s'agit pas des siens.

Trois mois plus tard, en juillet 2015, le bureau nantais de l'AFP reçoit un courrier signé "Xavier Dupont de Ligonnès" accompagné d'une photo deux des fils du suspect n°1 : Arthur, l'aîné de la fratrie, et Benoît, le benjamin. Les expertises n'ont pas établi que ce courrier ait pu être écrit par le père de famille, ni permis d'identifier son auteur.

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Le 23 mars 2016, un fonctionnaire de police est condamné à 3.000 euros d'amende pour avoir divulgué en 2012 des documents sur l'affaire. En janvier 2018, la police intervient, sans succès, dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles pensaient avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès. 

Le monastère de Roquebrune-sur-Argens fouillé après le signalement de la présence de Xavier Dupont de Ligonnès.
Le monastère de Roquebrune-sur-Argens fouillé après le signalement de la présence de Xavier Dupont de Ligonnès. © Maxppp - Thierry Garro

Le 11 octobre 2019, les enquêteurs espèrent avoir enfin retrouvé le père de famille. Les policiers écossais certifient l'avoir interpellé à l'aéroport de Glasgow, selon eux, les empreintes digitales correspondent à celles du fugitif. Mais après une nuit d'emballement médiatique et de questionnement, l'homme arrêté n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès. Il s'agit est d'un retraité francilien, marié à une Ecossaise.

La traque se poursuit donc, dix ans après la disparition du père de famille. 

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