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Arrestations au Pays basque : Michel Tubiana (LDH) dénonce le "grand mensonge" des autorités

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Par , France Bleu Pays Basque, France Bleu
Bayonne, France

Situation confuse après l'arrestation de cinq personnes au Pays basque, vendredi soir à Louhossoa. Des armes ont été saisies, dans le cadre d'une opération "anti-ETA" des polices espagnoles et françaises. Mais Michel Tubiana dénonce "un grand mensonge" de la part des autorités.

Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme.
Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme. © Maxppp -

Deux versions s'opposent ce matin après l'arrestation vendredi soir de cinq personnes à Louhossoa, dans le cadre d'une opération "anti-ETA". Celle, d'un côté, des polices espagnoles et françaises, qui parlent d'une importante saisie d'armes ; Bruno Le Roux, le ministre de l'intérieur, salue d'ailleurs un coup dur porté à l'organisation ETA.

De l'autre, il y a la version des militants de la société civile, dont certains arrêtés hier soir : ils expliquent qu'ils devaient détruire les armes retrouvées sur place, dans le cadre du processus de désarmement d'ETA.

"Ces armes étaient destinées à être neutralisées"

— Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme

"Ces armes étaient destinées à être neutralisées et données postérieurement aux autorités françaises. Mais visiblement ni les autorités françaises ni les autorités espagnoles n'ont voulu que les choses apparaissent pour ce qu'elles sont" explique Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme. Il dénonce "un grand mensonge". "Les autorités connaissaient pertinemment la destination des armes, c'est-à-dire qu'elles leur seraient restituées" ajoute Michel Tubiana.

Selon le président de la LDH, "si les services sont intervenus, c'est qu'ils étaient au courant. Ils étaient donc aussi au courant du processus qui a amené ce début de destruction".

"Je devais y être, mais je n'ai pas pu m'y rendre"

L'objectif des militants de la société civile était donc de "détruire des armes" d'ETA et "les remettre aux autorités". "Il y a un blocage total du processus de désarmement d'ETA, un blocage qui vient du côté des gouvernements français et espagnol. Plusieurs membres de la société civile ont voulu relancer ce processus, en procédant à une première destruction d'armes", précise Michel Tubiana.

Parmi les cinq interpellés figurent le dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d'agriculture du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l'appellation basque Irouléguy, et une journaliste de MediaBask, Béatrice Haran-Molle. L'identité exacte de la cinquième personne n'est pas encore connue. Ils avaient décidé de détruite un stock correspondant "à environ 15% de l'arsenal d'ETA", selon eux.

Une manifestation ce samedi après-midi

Plusieurs mouvements considèrent que les polices française et espagnole ont empêché la destruction des armes et appellent à une manifestation samedi à 16 heures à Bayonne. Dans un communiqué samedi, Jean Lassalle, député (ex-MoDem) des Pyrénées-Atlantiques et candidat à l'élection présidentielle, a fustigé "les machiavéliques dérives autoritaires de l'Etat français".

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