Faits divers – Justice

Arrestations à Louhossoa au Pays Basque : parole à la défense

Par Anthony Michel, France Bleu Pays Basque et France Bleu lundi 19 décembre 2016 à 17:33

Sophie Bussière compte s'attaquer à la qualification de "terroriste" à l'encontre de ses deux clients  Michel Berhocoirigoin et Michel Bergougnian.
Sophie Bussière compte s'attaquer à la qualification de "terroriste" à l'encontre de ses deux clients Michel Berhocoirigoin et Michel Bergougnian. © Maxppp -

Après plusieurs jours en garde à vue, les cinq personnes interpellées vendredi à Louhossoa - opération présentée par Paris et Madrid comme "un coup" porté à l'organisation séparatiste basque ETA - ont été transférées au siège du parquet anti-terroriste à Paris. Leurs avocats prennent la parole.

Depuis vendredi soir, les cinq personnes interpellés à Louhossoa au Pays Basque sont en garde à vue. Il s'agit du dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d'agriculture du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l'appellation basque Irouléguy, de la journaliste, Béatrice Haran-Molle, ainsi que du caméraman, Stéphane Etchegaray. Ils ont été arrêtés sur la propriété de la journaliste Béatrice Haran-Molle par des policiers français.

Un véritable arsenal

Leur garde à vue a été prolongé jusqu'à ce mardi 20 décembre au soir. Ils devraient être présenté devant un juge du parquet dans la journée de mardi justement. De lourdes accusations à leur encontre : l'enquête préliminaire a été ouverte sous les motifs "d'association de malfaiteurs terroriste et infractions sur la législation sur les armes et les explosifs en bande organisée, le tout en relation avec une entreprise terroriste".

Vendredi soir à Louhossoa, les policiers ont découvert un véritable arsenal: 29 revolver, 9 fusils d’assaut, 12 pistolets mitrailleurs, 2 roquettes ainsi que des munitions et une grosse quantité de produits explosifs.

Parole à la défense

Les cinq gardés à vue sont tous accompagnés par un avocat depuis leur interpellation. Des avocats qui ont pris la parole au micro de France Bleu Pays Basque. En ce qui concerne Jean-Noël Etcheverry dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, et Michel Bergougnian, tous les trois avaient l'intention de "neutraliser des armes et non les détruire, afin de faire avancer le processus de paix", précise leurs avocats Jean François Blanco et Sophie Bussière.

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En revanche en ce qui concerne la journaliste Béatrice Haran-Molle et le caméraman Stéphane Etchegaray, ils déclarent ne pas avoir été au courant de cette "neutralisation" d'armes d'ETA. "Stéphane Etchegaray, précise son avocat, savait juste qu'il devait tourner une vidéo en faveur du processus de paix et une interview de Txetx".

Béatrice Haran-Molle, chez qui l'opération policière a eu lieu, "ne savait pas qu'il y avait des armes dans sa propriété", explique son avocat Jean Michel Baloup. Elle explique que "Txetx lui avait demandé un local pour réaliser une vidéo en faveur du processus de paix, qu'ils avaient signé un bail, et que jusqu'au vendredi matin il n'y avait pas d'armes dans cette partie indépendante de sa propriété". Le vendredi dans la journée, elle était allée faire "des courses, et Txetx lui avait demandé d'aller chercher quelqu'un à Macaye, et c'est en revenant qu'elle a été interpellée et qu'elle a découvert ces armes avec une certaine surprise, et une certaine colère d'avoir été un peu abusée", explique son avocat. Version confirmée par l'avocat de Txetx, Jean François Blanco.

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