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Faits divers – Justice

Pesticides : un maire de l'Eure bientôt devant la justice pour un arrêté qui protège l'eau

Le maire de Saint-Éloi-de-Fourques, dans l'Eure, a pris un arrêté pour limiter l'utilisation des pesticides et des nitrates. Denis Szalkowski entend ainsi protéger les ressources en eau sur sa commune mais l'arrêté est contesté par la préfecture de l'Eure.

Le maire de Saint-Éloi-de-Fourques a pris un arrêté mi-juillet pour protéger la ressource en eau dans son village
Le maire de Saint-Éloi-de-Fourques a pris un arrêté mi-juillet pour protéger la ressource en eau dans son village © Radio France - Laurent Philippot

Saint-Éloi-de-Fourques, France

"Ce n'est pas un arrêté anti-pesticides ni anti-nitrates" prévient d'emblée le maire de Saint-Éloi-de-Fourques, "c'est un arrêté de protection de la ressource en eau".  Depuis le 15 juillet 2019, l'arrêté pris par Denis Szalkowski impose désormais le respect d'une bande de protection de deux mètres, entre les routes et les zones cultivées, dans laquelle la pulvérisation de pesticides ou l'épandage de nitrates sont interdits. Le maire le reconnaît, "la conséquence de cet arrêté, c'est de limiter les matières qui polluent la nappe phréatique" en dépassant un certain seuil. 

Ça serait du plomb, j'aurais pris un arrêté anti-plomb, idem pour du mercure" - Denis Szalkowski, maire de Saint-Éloi-de-Fourques

Les agriculteurs et les particuliers pointés du doigt

"La pollution de l'eau vient clairement d'un usage agricole, mais aussi des particuliers" estime Denis Szalkowski. Le maire rapporte l'exemple d'habitants, qui malgré l'interdiction en vigueur depuis le 1er janvier 2017, continuent de traiter le bout de terrain qui sépare la limite de leur propriété de la route. Les pesticides se retrouvent ensuite sur la voirie et finissent dans des bétoires qui descendent soit dans les rivières souterraines soit dans la nappe phréatique. "Les sols sont lessivés, parce qu'il n'y a plus rien qui arrête" dénonce le maire, qui regrette la disparition progressive des haies ou des fossés, qui peu à peu, ont transformé les pâtures en champs cultivés. 

Je demande simplement qu'on remette une zone tampon de deux mètres" - Denis Szalkowski

Selon l'élu, les agriculteurs traitent davantage à la périphérie du champ pour éviter d'utiliser trop de traitement à l'intérieur et avec le ruissellement, plus de produits phytosanitaires se retrouveraient dans les nappes. 

Une mesure de santé publique

À écouter Denis Szalkowski, sa préoccupation serait de plus en plus partagée par ses administrés. "Des gens sont venus me voir en mairie dimanche à cause des nuages de pesticides lors de traitements" relate-t-il,  "il y avait des brumes de pesticides sur un champ de betteraves !"

Je n'ai pas pris cet arrêté parce que j'ai une lubie écolo" - Le maire de Saint-Éloi-de-Fourques

Denis Szalkoski avance, que selon la loi,"quand une parcelle a été traitée, un salarié agricole doit attendre six heures pour y rentrer, mais quand on se promène près d'un champ, est-ce qu'on voit un panneau qui indique que le champ a été traité ? " Les agriculteurs ont un filtre dans le tracteur pour respirer de l'air non pollué, pas les riverains. Pour le maire, comme les agriculteurs ont supprimé l'hydraulique douce, c'est à dire les fossés et les haies, c'est à eux de trouver une solution et de la financer, pas aux collectivités. Les agriculteurs doivent mettre en place les bonnes pratiques. Denis Szalkowski a calculé : une bande de deux mètres en moins cultivée, ce serait une perte d'exploitation de 0,1% pour les agriculteurs. 

Un arrêté contesté par le préfet de l'Eure

Une fois l'arrêté municipal publié, la préfecture de l'Eure a demandé au maire un recours gracieux, qu'il a refusé, car il n'y a pas, selon lui, de limitation de l'utilisation des pesticides, "je n'interdis pas les pesticides, c'est un arrêté sur l'eau". Denis Szalkowski met en avant son pouvoir de police sur l'eau, compétence municipale qu'il rappelle dans son arrêté. La préfecture de l'Eure a déféré le maire de Saint-Éloi-de-Fourques devant le tribunal administratif le 19 juillet. Le maire a fait parvenir mi-août un mémoire aux services de l'État et l'instruction du dossier doit se terminer le 27 août. Ensuite, ce sera au tribunal administratif de Rouen de trancher

Pour le maire de Saint-Éloi-de-Fourques, Denis Szalkowski, la responsabilité de l'État est engagée

Le maire de Saint-Éloi-de-Fourques ne veut pas se lancer dans un combat médiatico-politico-judiciaire, il veut juste une solution pour la pollution des nappes phréatiques et préserver la santé de ses administrés. 

Saint-Éloi-de-Fourques, dans le canton de Brionne, compte 500 habitants - Radio France
Saint-Éloi-de-Fourques, dans le canton de Brionne, compte 500 habitants © Radio France
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