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Faits divers – Justice

L'association de la Main jaune à Châtellerault sommée de payer 52.000 euros pour le démontage de l'oeuvre

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Par , France Bleu Poitou

Mauvaise surprise pour les amis de la main jaune à Châtellerault : l'association a reçu un courrier du Département de la Vienne qui lui demande de payer la facture du démontage et de l'évacuation de l'oeuvre incendiée l'an dernier pendant une action des gilets jaunes : il y en a pour 52.000 euros !

Les "compagnons" de l'association de la Main jaune à Châtellerault ne comprennent pas cette facture qui leur est adressée
Les "compagnons" de l'association de la Main jaune à Châtellerault ne comprennent pas cette facture qui leur est adressée © Radio France - Isabelle Rivière

Châtellerault, France

A Châtellerault, le créateur de la Main jaune n'en revient pas ! Un an après l'incendie de l'oeuvre d'art pendant une action des gilets jaunes, l'artiste également président de l'association de la Main jaune vient de recevoir une facture, et elle est plutôt salée ! 52.000 euros, c'est ce que lui réclame le Département de la Vienne pour le démontage et l'évacuation de la sculpture monumentale. L'oeuvre d'art, née d'un projet collectif, a été construite par 500 bénévoles mobilisés pendant sept ans. Érigée depuis 2010 sur le rond-point du Pyla à la sortie Châtellerault Nord de l'Autoroute A10, elle était le symbole de l'industrie automobile à Châtellerault. Mais elle a brûlé le 16 décembre 2018, quand des gilets jaunes rassemblés au pied de la statue ont fait brûlé des palettes. Les restes de l'oeuvre, eux, n'ont été évacués que sept mois plus tard, en juillet dernier. 

Une évacuation pour mesure de sécurité

C'est le département de la Vienne, propriétaire du rond-point mais pas de l'oeuvre, qui a mandaté une entreprise privée, Métal Fer, le 16 juillet dernier, pour réaliser le démontage et l'évacuation de la sculpture monumentale. Question de sécurité ! puisque des morceaux de l'oeuvre menaçaient de tomber de la structure fragilisée par le feu. Trois mois plus tard, le 14 octobre dernier, l'artiste et président de l'association de la Main jaune, Francis Guyot, reçoit un courrier : 

"Un courrier qui me dit que je dois payer 52.000 euros alors que notre oeuvre a été incendiée et qu'on n'est pas coupable des dégradations !"

La lettre envoyées par le  les juristes du service des affaires foncières du Département de la Vienne a suscité une vive émotion chez les compagnons de la Main jaune, pour la plupart des petits retraités.. des gens qui ont donné de leur temps, de leur sueur pour participer à une aventure humaine et artistique et qui ont le sentiment de subir une double peine ! 

" On marche sur la tête. On nous brûle la main d'oeuvre, c'est nous, les victimes. Ce n'est pas à nous de payer. C'est aberrant" 

Les émotions sont confuses. Les amis de la Main jaune hésitent entre colère, écœurement et incompréhension.  A Châtellerault, l'association de la main jaune, qui compte encore une vingtaine d'adhérents a toujours tourné avec du mécénat, des dons de matériaux, et du bénévolat. Sur son compte, elle affiche 1.500 euros de trésorerie, soit la somme des cotisations annuelles.

Le Département de la Vienne ouvert à la discussion

De son côté le département de la Vienne explique que ce n'était pas à lui de gérer l'évacuation de l'oeuvre, qu'il l'a fait par mesure de sécurité et que de l'argent public a été engagé. Vue l'émotion suscitée par ce "courrier automatique et administratif", le département de la Vienne se dit prêt à discuter. Gilbert Beaujanneau, le vice-président en charge des routes au Conseil départemental de la Vienne se dit ouvert à toutes discussions. 

Et l'Etat dans tout ça ?

L'association de la Main jaune, elle, s'interroge également sur la responsabilité de l'Etat.  Francis Guyot raconte : "Ce soir du 16 décembre 2018, il y avait une manifestation de gilets jaunes au pied de la main jaune. C'était à l'Etat d'assurer la sécurité ainsi que la protection des personnes et de l'oeuvre.  S'il y a eu le feu, c'est qu'il y a eu défaillance dans la surveillance et dans ses missions", insiste l'artiste qui rappelle que les œuvres d'art ne sont jamais assurées par les assurances. L'association est juste couverte au titre de la responsabilité civile.

Une réunion organisée prochainement 

Qui doit payer dans ce dossier ? l'association de la main jaune ? les collectivités ?  l'Etat ou les assurances ? Pour trancher la question, et évacuer toute l'émotion suscitée par ce courrier, le département de la Vienne va organiser prochainement une réunion sur ce dossier. On rappelle par ailleurs qu'une enquête a été ouverte à l'époque pour déterminer les responsabilités dans l'incendie de la main jaune.

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