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Assassinat de Kévin Chavatte à Mourmelon : le procès devant la cour d'assises débute ce mardi

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Le procès de deux jeunes Marnais pour l'assassinat en juin 2018 à Mourmelon-le-Grand (Marne) de Kévin Chavatte, un adolescent de 17 ans, s'ouvre ce mardi 26 janvier devant la cour d'assises des mineurs. Procès à huis clos car les deux accusés étaient âgés de 17 ans lors des faits.

Photo prise lors d'une manifestation en mémoire de Kévin le 18 juin 2019.
Photo prise lors d'une manifestation en mémoire de Kévin le 18 juin 2019. © Radio France - Thomas Coignac

C'est un procès comme il en existe peu, qui s'ouvre ce mardi 26 janvier à Reims devant la cour d'assises des mineurs de la Marne : un jeune homme A. et une jeune femme O., âgés d'à peine 17 ans au moment des faits, sont jugés pour avoir tué un adolescent de leur âge, Kévin Chavatte, à Mourmelon-le-Grand le 2 juin 2018 dans un parc de la commune. L'affaire avait ému la commune marnaise de 5.000 habitants et bien au delà : la victime, un lycéen sans histoires, a reçu... plus d'une trentaine de coups de couteau. L'ex-petite amie de Kévin Chavatte O. et A. sont jugés pour assassinat, car la justice les soupçonne d'avoir tendu un guet-apens à la victime. 

La victime tuée de 34 coups de couteau 

A quelques dizaines de mètres des jeux pour enfants dans ce parc du Bois des soeurs, rebaptisé depuis du nom de Kévin Chavatte, l'agression n'a duré que 5 minutes le 2 juin 2018. Cinq minutes seulement se sont écoulées entre le selfie pris par Kévin et sa petite amie O. sur un banc et l'alerte donnée aux secours cet après-midi là, peu après 15 h. "On parle de 34 coups de couteau en moins de 5 minutes, quand je vous parle d'acharnement c'est pas moi qui le dis ce sont les médecins légistes, ils ont été surpris par l'ampleur de la violence des coups portés à Kévin par un mineur du même âge...", souligne Me Fanny Quentin, l'avocate de la famille Chavatte. 

Sur le banc des accusés en effet, il y a d'abord A., 17 ans au moment des faits, lycéen et habitant de Mourmelon-le-Grand comme la victime, et un temps dans le même groupe d'amis que Kévin Chavatte. Et aujourd'hui accusé de meurtre avec préméditation. "Mon client il reconnaît totalement sa responsabilité, il n'a jamais contesté être l'auteur des coups, maintenant je pense que l'enjeu de ce procès c'est de rentrer dans les explications et la psychologie qui étaient la sienne au moment des faits", explique Me Mourad Benkoussa l'avocat de l'accusé. 

La reconstitution du meurtre de Kévin Chavatte a eu lieu lundi 9 septembre 2019 dans le parc qui porte son nom.
La reconstitution du meurtre de Kévin Chavatte a eu lieu lundi 9 septembre 2019 dans le parc qui porte son nom. © Radio France - Sophie Constanzer

Une affaire à rebondissements

Au départ, les habitants croient à une agression gratuite pour un motif futile : Kévin 17 ans, sans histoires, poignardé en plein jour par un individu qui a volé le sac de sa petite amie. Celle-ci donne un portrait robot d'un "homme corpulent, de type basané, âgé de 20 à 30 ans (...)" qui est diffusé. Des dizaines de gendarmes sont mobilisés. Mais il s'agit donc d'une fausse piste. La victime, Kévin, a été tuée de 34 coups de couteaux, ça ne colle pas du tout avec une banale agression. Les enquêteurs le comprennent vite et remontent en juin 2018 jusqu'aux deux accusés, dont la petite amie de Kévin. 

A. qui a reconnu être l'auteur des coups de couteau, et O., sont finalement mis en examen pour assassinat. Et si l'affaire a suscité l'émoi bien au delà de Mourmelon-le-Grand, nouvel émoi un an après les faits en juin 2019. A la faveur d'un vice de procédure, O. est remise en liberté le 13 juin 2019 et la mère de Kévin Chavatte et des proches de la victime expriment leur colère

A., en revanche, avait renoncé à "profiter" de ce vice de procédure car "la liberté n'avait pas lieu d'être". "Je ne la mérite plus, c'est ce qui me semble le plus juste pour les proches de la victime", avait-il écrit à son avocat en juin 2019. 

Un procès à huis clos 

Le procès des deux accusés A. et O. débute ce mardi 26 janvier, à huis clos c'est à dire que ni le public ni les journalistes n'ont accès à l'audience. Une vingtaine de témoins devraient se succéder à la barre pendant les quatre jours de procès. Et la question centrale est simple pour la famille de Kévin Chavatte. "En deux ans et demi d'instruction nous avons finalement eu peu de réponses, en tout cas pas à la question essentielle : pourquoi lui ? et pourquoi ?", explique Me Quentin qui espère que le huis clos va permettre à la famille d'avoir des réponses, loin des caméras. 

L'affaire avait ému Mourmelon et bien au delà.
L'affaire avait ému Mourmelon et bien au delà. © Radio France - Philippe Rey-Gorez

Deux versions qui vont s'affronter ? 

Au moment des faits, A. semblait passionné par le monde militaire et par les armes et entretenait des liens récents avec O., le premier amour de la victime Kévin. Les enquêteurs ont mis à jour les sms et les échanges sur le réseau Snapchat entre les deux adolescents accusés d'avoir tendu un guet apens à la victime. Le rendez vous à 15 heures pour attirer Kévin dans le parc, était planifié, le scénario et la fausse piste aussi. Mais qu'est ce qui a poussé les deux ados à élaborer ce plan macabre ? Y a-t-il eu manipulation de l'un ou de l'autre ? C'est tout l'objet du procès. 

"Il n'a de cesse de s'interroger sur son passage à l'acte... mon client il ne sera le procureur de personne, sa co accusée se défendra comme elle l'entendra ça ne nous regarde pas, mais ce qui semble fondamental c'est qu'il puisse montrer sa réflexion depuis ce qui s'est passé", précise Me Benkoussa, l'avocat de A. De son côté, O. a nié les faits et changé de version pendant l'instruction, et ses avocats n'ont pas souhaité faire de commentaire avant le procès. 

Les deux accusés risquent 30 ans de réclusion criminelle, ou 20 ans si l'excuse de minorité est retenue. Le verdict de la cour d'assises de la Marne est attendu vendredi 29 janvier

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